- Cette maladie compromet directement la fertilité féminine et accroît le risque de complications durant la grossesse, par exemple la prééclampsie ou la fausse couche.
- L’endométriose touche plus de 2,5 millions de femmes en France. D’après l’OMS, environ une femme sur 10 en âge de procréer en souffre.
- Les spécialistes soulignent l’importance du diagnostic précoce, de la préservation de la fertilité et d’une démarche pluridisciplinaire.
Madrid, le 11 mars 2026
L’endométriose est une maladie chronique, évolutive et handicapante qui touche entre 10 et 15 % de la population féminine. Loin d’être une pathologie minoritaire, on estime qu’en France plus de 2,5 millions de femmes sont concernées. Et d’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près d’une femme sur 10 en âge de procréer est atteinte de cette maladie.
L’endométriose se caractérise par la présence de tissu similaire à l’endomètre en dehors de l’utérus, ce qui provoque une inflammation chronique, des douleurs pelviennes et des altérations de la fonction ovarienne. Elle a des répercussions directes pour la fertilité féminine et peut être impliquée jusque dans 50 % des cas d’infertilité féminine. Sans oublier qu’elle accroît le risque de complications durant la grossesse comme la prééclampsie ou la fausse couche.
Ce n’est pas seulement une maladie gynécologique, c’est également un processus complexe où interviennent des facteurs hormonaux, immunologiques et métaboliques susceptibles d’influencer l’évolution de la maladie et son impact sur la fertilité. L’endométriose ne doit pas être entendue exclusivement comme une pathologie hormonale mais comme un processus inflammatoire systémique où métabolisme et immunité interagissent de manière dynamique. Comprendre ces interactions est la clé pour aller vers des traitements plus efficaces et personnalisés.
Ainsi, à l’heure où le diagnostic reste posé tardivement et conditionne la qualité de vie et la fertilité, il est fondamental de progresser dans la compréhension des facteurs métaboliques et inflammatoires associés à la santé endométriale. L’intégration de nouvelles lignes de recherche assorties d’une approche pluridisciplinaire permet d’améliorer le traitement et d’aller vers une prise en charge plus précoce, personnalisée et axée sur les nécessités réelles de chaque patiente.
Dans cette lignée, la science explore comment le cadre métabolique et l’état inflammatoire peuvent moduler l’évolution de diverses pathologies du tissu endométrial. Des études récentes, comme celle publiée dans JAMA Network Open, ont permis d’observer une réduction du risque de développer un cancer de l’endomètre chez les patientes traitées avec des agonistes du GLP-1, médicaments employés pour le traitement de l’obésité et le diabète de type 2.
Il n’existe actuellement aucun essai clinique qui valide l’utilisation des agonistes du GLP-1 comme traitement spécifique pour l’endométriose. Cela dit, ces médicaments ont démontré avoir des effets antiinflammatoires systémiques et améliorer la résistance à l’insuline et la modulation du tissu adipeux ; des facteurs qui pourraient indirectement influencer le microcadre inflammatoire associé à la maladie.
Bien que s’agissant de pathologies différentes, ces découvertes consolident l’hypothèse selon laquelle le cadre métabolique peut jouer un rôle important dans diverses altérations du tissu endométrial, y compris l’endométriose. La docteure Marta Romero, spécialiste en médecine interne de l’Unité d’échec reproductif à IVI Madrid, explique : « Nous avons là une importante piste à explorer, mais ces médicaments, même s’ils pourraient bien devenir un outil complémentaire chez certaines patientes, ne remplacent en aucun cas le diagnostic précoce ni la démarche gynécologique adaptée pour l’endométriose ».
Chez les patientes présentant une résistance à l’insuline, une obésité ou une inflammation systémique associée, l’approche métabolique peut devenir un pilier thérapeutique complémentaire à intégrer dans une stratégie holistique et personnalisée.
En ce sens, la Dre. Romero nous définit ces substances non pas comme une pilule magique mais comme « une option thérapeutique précieuse dans les cas indiqués, au cœur d’une démarche holistique comprenant diagnostic précoce, planification reproductive et contrôle métabolique personnalisé ».
Leur usage, toujours sous supervision médicale spécialisée, doit rester strictement limité aux patientes pour lesquelles il existe des indications cliniques clairement établies.
Diagnostic tardif et réserve ovarienne
En dépit de sa prévalence élevée et de ses conséquences pour la reproduction, l’endométriose reste une maladie sous-diagnostiquée. Il faut environ neuf ans pour la pose du diagnostic, période au cours de laquelle les patientes consultent fréquemment jusqu’à cinq professionnel.le.s différent.e.s (médecine de famille, gynécologie et autres spécialités) avant de recevoir une confirmation claire. Ce retard prolonge la souffrance physique et émotionnelle, mais peut également engager au fil du temps la réserve ovarienne et la capacité de procréation.
C’est pourquoi les spécialistes insistent sur la nécessité du diagnostic précoce et d’une approche intégrale dès les premiers soupçons cliniques. L’identification de la maladie à ses stades initiaux permet de mieux en contrôler l’évolution, de planifier des traitements individualisés et, le cas échéant, de préserver la fertilité de la patiente. Comme le précise la Dre. Romero, « la vitrification des ovules permet aux femmes atteintes d’endométriose de bénéficier d’une démarche pluridisciplinaire qui va plus loin que le traitement de leur douleur présente car elle est le gage des options de leur maternité future. La préservation de la fertilité après le diagnostic est une décision clinique stratégique qui permet à la patiente de dissocier l’évolution de sa maladie de son désir de devenir mère. »
Dans certains cas précis, cette vitrification permet de préserver les options reproductives à venir, en particulier lorsque les ovaires risquent d’être touchés. Ceci est particulièrement pertinent dans le cas des femmes jeunes présentant des endométriomes ou devant se soumettre à une intervention chirurgicale des ovaires, situations où la réserve ovarienne peut se voir sérieusement compromise.
D’où l’importance d’un diagnostic précoce qui permettra d’envisager à temps des stratégies de préservation et de protéger la qualité des ovocytes.
Une démarche préventive particulièrement importante dans un contexte social marqué par le recul progressif de la maternité, pendant que la maladie pourrait évoluer de manière silencieuse des années durant.