- IVI présente à l’ESHRE des avancées en imagerie hyperspectrale permettant d’analyser les informations moléculaires invisibles au microscope et de prédire leur potentiel, améliorant ainsi les taux de réussite et réduisant le nombre de tentatives lors des traitements
- Une seconde recherche porte sur le développement d’un système basé sur l’IA capable de détecter en temps réel les écarts dans le laboratoire de FIV et d’anticiper d’éventuels problèmes avant qu’ils n’aient un impact sur les résultats cliniques
LONDRES, MARDI 7 JUILLET 2026
L’amélioration des résultats en procréation médicalement assistée ne dépend pas uniquement du nombre et de la qualité des ovocytes ni de la sélection embryonnaire. Le choix du spermatozoïde approprié apparaît comme un facteur clé et, dans de nombreux cas, sous-estimé.
Dans le cadre de la 42e réunion annuelle de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE), IVI présente une série d’études montrant comment l’imagerie hyperspectrale, combinée à l’intelligence artificielle, permet pour la première fois d’analyser la biochimie du spermatozoïde sans l’endommager, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives en matière de sélection spermatique.
Jusqu’à présent, l’une des principales limites était d’ordre technique : connaître en profondeur l’intérieur du spermatozoïde — sa physiologie et sa biochimie —, impliquait de l’endommager, ce qui empêchait son utilisation ultérieure. Contrairement à d’autres étapes du traitement, pour lesquelles l’on dispose de plus en plus d’outils permettant d’optimiser les résultats, la sélection spermatique s’est traditionnellement fondée sur des critères visibles au microscope, tels que la forme ou la mobilité.
« Il n’existait pas de techniques capables d’analyser les caractéristiques moléculaires d’un spermatozoïde sans compromettre sa viabilité. Toute tentative de mesurer sa biochimie le rendait inutilisable pour la fécondation. L’imagerie hyperspectrale change ce paradigme », souligne le Dr Nicolás Garrido, directeur de la Fondation IVI et chercheur principal de l’étude « Integrating AI-driven hyperspectral sperm imaging for prioritisation of spermatozoa associated with embryo implantation ».
Intelligence artificielle : de l’image à la décision clinique
Cette avancée est rendue possible grâce à la combinaison de caméras hyperspectrales et d’algorithmes d’intelligence artificielle capables de traduire des images complexes en données quantifiables. « L’IA nous permet de transformer des informations qui étaient auparavant inaccessibles en données analysables. Nous passons de l’observation de la forme et du mouvement à la possibilité de connaître le contenu moléculaire du spermatozoïde de manière inoffensive », explique-t-il.
Cette approche permet de construire des modèles prédictifs reliant certains profils biochimiques au succès reproductif.
Les travaux présentés laissent entrevoir un changement significatif dans la manière de sélectionner le gamète masculin. « L’analyse de l’image hyperspectrale nous permet de concevoir des modèles statistiques afin de prédire la probabilité individuelle de chaque spermatozoïde de devenir un blastocyste viable », précise le Dr Garrido.
Qu’est-ce que l’imagerie hyperspectrale ?
L’imagerie hyperspectrale est une technologie qui permet d’analyser la manière dont la lumière interagit avec un échantillon afin d’obtenir des informations sur sa composition interne. Contrairement à un microscope classique, qui montre principalement la forme et le mouvement, cette technique capte des signaux qui, émis à de multiples longueurs d’onde, reflètent le contenu moléculaire des cellules. Dans le cas des spermatozoïdes, elle permet de connaître leurs caractéristiques biochimiques sans les endommager, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer leur sélection en procréation médicalement assistée.
Bénéfice pour les patients et prochaines avancées
Cette recherche a un impact direct pour les patients. Sélectionner le spermatozoïde présentant le plus fort potentiel permet d’augmenter les chances de succès des traitements et de réduire la nécessité de les répéter, en améliorant potentiellement la fécondation, le nombre et la qualité des embryons disponibles et, par conséquent, les chances de réussite pour chaque traitement initié.
À l’avenir, la recherche s’oriente vers des modèles plus complexes intégrant des informations sur le spermatozoïde, l’ovocyte et les caractéristiques cliniques de la patiente, ouvrant la voie à une procréation médicalement assistée plus personnalisée.
« Nous développons actuellement des modèles qui combinent tous ces facteurs. L’embryon est le résultat de ces deux éléments; comprendre cette interaction sera donc essentiel. Notre objectif est de mener à bien ces études d’ici environ un an et de progresser vers leur intégration dans la pratique clinique », conclut-il.
L’IA au service des performances du laboratoire de FIV
Parallèlement à d’autres applications de l’intelligence artificielle en procréation médicalement assistée, IVI a développé un système innovant axé sur le suivi en temps réel des performances du laboratoire de FIV. Cette approche, présentée dans l’étude « A real-time predictive alert system for monitoring IVF laboratory performance using time-lapse–derived embryo features », dirigée par le Dr Marcos Meseguer, directeur mondial de la recherche en embryologie chez IVI RMA Global, marque un changement de paradigme dans l’utilisation de l’IA au sein du laboratoire, en se concentrant sur la qualité globale du processus et non uniquement sur l’embryon individuel.
Ce système s’appuie sur la grande quantité d’informations générées par les incubateurs time-lapse, présents pour 100 % des embryons dans des centres tels qu’IVI Valence, et qui permettent de suivre en continu le développement embryonnaire.
« Chaque jour, nous avons des centaines d’embryons qui se développent simultanément et génèrent une quantité considérable d’informations numériques. Ce que nous avons mis en place, c’est un système capable d’utiliser ces données de manière agrégée afin de prédire, en temps réel, quels seront les résultats attendus du laboratoire au cours des semaines suivantes et, surtout, de détecter précocement tout écart par rapport aux valeurs habituelles », détaille le Dr Meseguer.
L’importance de ce travail réside dans le fait qu’il permet de mettre en place un système d’alertes précoces capable d’identifier d’éventuels problèmes techniques, des incidents dans les processus, des changements environnementaux ou toute tendance susceptible d’affecter négativement le développement embryonnaire avant qu’elle ne se traduise par une baisse des résultats cliniques. Cela permettrait de mettre en œuvre des mesures correctives de manière anticipée et de préserver les résultats reproductifs des patients.
« Cette technologie se positionne ainsi comme une nouvelle couche de contrôle qualité et de sécurité pour le laboratoire, fondée sur la surveillance massive des données générées par les systèmes time-lapse et sur des outils d’analyse avancée et d’intelligence artificielle », conclut-il.
À propos d’IVI RMA Global
IVI a vu le jour en 1990 en tant que première institution médicale en Espagne entièrement spécialisée en reproduction humaine. Depuis, il a contribué à la naissance de plus de 250 000 enfants grâce à une innovation constante et à la mise en œuvre des traitements de procréation médicalement assistée les plus novateurs.
Il s’agit de l’un des centres européens affichant les meilleurs taux de grossesse ; de fait, la plupart des couples qui consultent IVI pour des problèmes d’infertilité parviennent à atteindre leur objectif. En outre, IVI dispose d’une équipe de plus de 2 500 professionnels, parmi lesquels figurent les meilleurs spécialistes mondiaux de la procréation médicalement assistée.
IVI fait partie du groupe IVI RMA Global, présent dans 15 pays. Outre l’Espagne, le groupe dispose de cliniques au Portugal, en Italie, en République tchèque, dans les pays nordiques, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, au Panama, au Brésil et au Chili.