9 septembre 2019

Étude sur l’infertilité masculine : le risque de devoir suivre un traitement pour la fertilité a augmenté de 9% en 13 ans

  • IVI a mené une étude afin de démontrer l’importante dégradation de la qualité du sperme au fil des années.

  • L’échantillon de cette étude, composé de 120 000 hommes, est à ce jour le plus important utilisé dans le domaine scientifique.

  • Cette étude a reçu le Prix Académique de la Société Espagnole de Reproduction Masculine et d’Urologie en octobre dernier, lors du dernier congrès de l’ASRM (American Society for Reproductive Medicine) qui avait lieu à Denver.

 

INFERTILITÉ MASCULINE : LA QUALITÉ DU SPERME EN CAUSE

Aujourd’hui, l’infertilité masculine représente la moitié des cas traités dans les cliniques de procréation assistée. Ce constat, associé à la baisse apparente de la qualité du sperme au cours des dernières années, fait de l’étude menée par IVI le point de départ d’une réalité alarmante concernant l’évolution de la fertilité masculine.

La recherche « Total motile sperm count trend over time across two continents: evaluation of semen analyses from 119,972 infertile men », dirigée par le Dr Ashley Tiegs, membre d’IVI au New Jersey, a analysé l’ensemble des spermatozoïdes mobiles (aussi appelé TMSC en anglais) – qui constitue le paramètre le plus important pour prédire la probabilité d’obtenir une grossesse – de 119 982 hommes traités dans les cliniques IVI en Espagne et New Jersey, entre 2002 et 2017.

Cette étude montre que la proportion d’hommes qui risquent de devoir faire appel à un traitement de fertilité a fortement augmenté ces dernières années, en passant de 12,4% en 2004 à 21,3% en 2017, soit une évolution croissante de 9% en 13 ans.

« Grâce à une grande quantité d’informations relatives aux patients infertiles et aux résultats d’études précédentes,
nous avons pu démontrer que cette baisse de la qualité séminale implique des répercussions cliniques ayant un effet évident sur la fertilité masculine. Ce constat nous oblige à utiliser des traitements plus complexes pour satisfaire le désir de reproduction de nos patients par rapport aux deux décennies précédentes » explique le Dr Nicolás Garrido, directeur de la Fondation IVI et co-auteur de l’étude.

Au cours de ses recherches et grâce aux résultats obtenus, le Dr Tiegs a mis en évidence trois groupes :

  • les hommes avec un TMSC supérieur à 15 millions de spermatozoïdes, qui ne nécessitent pas de traitement de fertilité,
  • les hommes avec un TMSC entre 5 et 15 millions, qui risqueraient de suivi un traitement de fertilité plus léger, comme l’insémination artificielle,
  • et enfin les hommes avec un TMSC entre zéro et cinq millions, qui pourraient nécessiter une fécondation in vitro (FIV), éventuellement avec injection de sperme intracytoplasmique (ICSI), pour obtenir une grossesse.

« Nous détenons le plus grand échantillon étudié à ce jour, avec près de 120 000 hommes interrogés,
ce qui confère à ce travail un poids scientifique remarquable. Ceci, ajouté aux résultats obtenus, confirme ce que nous observons
en consultation depuis quelques temps. Il est nécessaire à présent d’analyser les causes de ce problème
qui ont une influence sur l’infertilité masculine et identifier les mesures à prendre », a ajouté le Dr Garrido.

Au vu de ces résultats, qui indiquent que les hommes ont un risque accru d’avoir recours à des traitements de procréation assistée pour devenir père, IVI s’interroge sur les facteurs et leurs influences.

« Il existe de nombreuses recherches sur les effets défavorables d’un mode de vie toxique et d’une exposition constante aux influences environnementales négatives sur la qualité du sperme, mais on ne sait pas encore à quel point ces facteurs sont nocifs.
À date, il ne s’agit que de spéculations. Nous poursuivons nos efforts et travaillons sur une nouvelle étude afin d’identifier plus précisément ces facteurs qui peuvent influencer négativement la qualité du sperme », conclut le Dr. Garrido.

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