SRI 2026: Au moyen d’une intégration sophistiquée d’analyse de données moléculaires et d’outils d’intelligence artificielle, IVI a mené une étude transformatrice dans le domaine de la fertilité. La recherche identifie des profils génétiques endométriaux critiques qui agissent comme indicateurs du risque de fausse couche.
La présence d’IVI à la 73e Réunion scientifique annuelle de la Society for Reproductive Investigation (SRI), qui s’est tenue du 24 au 28 mars à Porto Rico, a été marquée par cette étude menée par la Fondation IVI et IVI RMA Global. L’article, Genistein and Pioglitazone as Promising Repurposed Drugs to Treating Endometrial Failure Independent of Endometrial Timing, a remporté le prix President’s Plenary grâce à cette communication orale.
Grâce à des techniques sophistiquées d’analyse de données génétiques, les chercheurs ont identifié des profils moléculaires permettant de prédire le risque de perte de grossesse même lorsque des embryons euploïdes (chromosomiquement normaux) de la plus haute qualité sont transférés.
En quoi consiste l’étude ?
Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de la Fondation IVI a utilisé une approche de pharmacologie des systèmes et de signature matching. Cette technologie permet de comparer les « signatures génétiques » d’un endomètre présentant des défaillances fonctionnelles avec celles de milliers de médicaments déjà disponibles sur le marché. L’objectif : trouver des médicaments capables de « réverser » cette signature génétique altérée et de rendre à l’endomètre son fonctionnement optimal.
De cette analyse massive de données ont émergé deux candidats au potentiel exceptionnel : la génistéine et la pioglitazone.
- Génistéine : une isoflavone d’origine végétale, très abondante dans le soja, qui agit comme un phytoœstrogène naturel. Sa valeur réside dans ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, capables de moduler l’environnement utérin.
- Pioglitazone : un médicament antidiabétique oral largement utilisé pour traiter le diabète de type 2. Son mécanisme d’action augmente la sensibilité à l’insuline, un facteur qui s’est révélé crucial pour la santé de l’endomètre.
Ces deux composés ont démontré leur capacité à favoriser la décidualisation, un processus biologique clé par lequel les cellules endométriales se transforment afin de permettre à la grossesse de se poursuivre.
« En moyenne, il faut trois à cinq tentatives pour atteindre une probabilité cumulée de grossesse supérieure à 95-98 % avec des embryons de bonne qualité, probabilité qui, lors de la première tentative, est d’environ 65 %, avec la perte conséquente d’embryons en cours de route. Nous pouvons désormais tenter d’améliorer ces taux en identifiant ces profils de manière préventive et en les traitant avant le transfert embryonnaire », explique la Dre Patricia Díaz Gimeno, chercheuse principale du projet.
Vers une mise en œuvre agile et sécurisée
L’un des principaux avantages de cette découverte réside dans le concept de repositionnement des médicaments. Le développement d’un médicament à partir de zéro peut prendre des décennies et nécessiter des investissements considérables. En revanche, le recours à des composés tels que la génistéine et la pioglitazone, déjà commercialisés et dont la sécurité d’utilisation chez l’être humain est largement documentée, permet de raccourcir significativement le chemin vers la pratique clinique quotidienne.
La Dre Díaz Gimeno souligne l’importance de cette découverte pour traiter des causes d’infertilité qui jusqu’à présent restaient dans l’ombre :
« Pour les identifier, on a eu recours à une approche sophistiquée d’analyse massive de données, pionnière dans le domaine de la reproduction humaine, à savoir l’approche de pharmacologie des systèmes et de signature matching (réalisée par le premier auteur de l’ouvrage, Antonio Párraga Leo, à l’issue d’un séjour à l’Université de Californie à San Francisco– UCSF) ».
IMC et perte de grossesse
Une seconde étude présentée au congrès SRI a mis en évidence l’influence de l’indice de masse corporelle (IMC) sur le risque de perte de grossesse. En effet, la fertilité apparaît comme l’un des facteurs susceptibles d’être altérés chez les femmes dont le poids dépasse la norme recommandée.
Après avoir analysé un échantillon de 16 000 patientes, les chercheurs ont conclu que l’IMC constitue un prédicteur déterminant de succès. La fertilité féminine est significativement compromise lorsque la patiente est au-dessus de son poids santé. Les données sont révélatrices :
Quelles sont les conséquences d’un IMC élevé sur la fertilité des femmes ?
- Devoir recourir plus fréquemment aux traitements de fertilité
- Un IMC élevé augmente le risque de perte de grossesse de 18 %
Cette étude montre que l’environnement métabolique de la mère est aussi décisif que la génétique de l’embryon. L’obésité génère un état d’inflammation chronique qui peut interférer avec la signalisation moléculaire entre l’utérus et l’embryon, compliquant la grossesse.
« Ces résultats soulignent l’importance de personnaliser autant que possible les traitements de procréation assistée afin d’obtenir des taux de réussite élevés, en tenant compte, dans les antécédents médicaux de la patiente, de son mode de vie et, en particulier, de son poids corporel. Il est essentiel d’informer sur l’impact de l’obésité féminine sur les complications gestationnelles, telles que la fausse couche, qui sera plus fréquente même lorsque les embryons transférés dans l’utérus ne présentent pas d’anomalies chromosomiques », explique le Dr José Bellver, gynécologue à IVI Valence.
Une nouvelle norme en matière de conseil aux patients
Les conclusions de l’étude soulignent la nécessité d’un accompagnement et d’un conseil continus concernant l’impact de l’obésité sur la perte de grossesse, y compris avant la réalisation d’un transfert d’embryons euploïdes.
En plus du conseil, l’adoption de véritables habitudes de vie saines peut s’avérer très bénéfique pour les patientes suivant un traitement de procréation assistée, telles que :
- Un régime équilibré
- Une hydratation abondante
- L’arrêt de consommation d’alcool et de tabac
- Une activité physique régulière, adaptée aux besoins de chaque femme
Les commentaires sont fermés.