22 septembre 2017

Grossesse et médicaments ne font pas bon ménage !

IVI

Quelques conseils pour les consommer sans danger

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la prise de médicaments pendant la grossesse est déconseillée, car la grande majorité d’entre eux peuvent causer de sérieux dommages au fœtus.

Mais qu’en est-il de la femme enceinte qui doit prendre des médicaments pour sa propre santé ?
Le docteur
Inés Castells, gynécologue chez IVI Bilbao répond à quelques questions sur la consommation de médicaments pendant la grossesse et l’allaitement :

Puis-je prendre un médicament conseillé par un proche ?

« Tout conseil et toute consultation conduisant à la prescription de médicaments doivent toujours être le fait d’un spécialiste. C’est le gynécologue ou le médecin de famille qui, après examen de la patiente, peut déterminer la meilleure réponse à apporter à sa douleur ou à son mal-être et lui expliquer les risques ou les avantages que présente la prise de certains médicaments. L’autodiagnostic et l’automédication sont à éviter, y compris de la part de vos voisins, de vos amis ou de vos proches, qui prescrivent de leur propre chef en se fondant sur leur expérience personnelle »

Quels sont les effets des médicaments sur le bébé ?

« Il y a un important pourcentage de médicaments qui arrive au fœtus en passant à travers le placenta, tout comme l’oxygène ou les aliments. Ceux-ci peuvent donc nuire au développement normal du fœtus et provoquer des lésions, voire la mort. De même, ils peuvent avoir un effet sur le placenta et occasionner des problèmes au futur bébé, comme un faible poids à la naissance ou un moindre développement. D’autres types de médicaments peuvent provoquer des naissances prématurées, en raison d’un mécanisme de contraction des muscles de l’utérus. D’où l’importance de renoncer à la prise de médicaments pendant la grossesse, hormis dans les situations où elle est absolument nécessaire au bon état de santé de la mère ».

Y a-t-il des moments pendant la grossesse où les médicaments représentent un danger plus important pour le bébé ?

« Tous ces médicaments présentent un danger plus ou moins important, selon le stade de développement du fœtus. La période la plus risquée étant celle qui se situe entre la 3e et la 8e semaine de grossesse (l’organogenèse).

Quels sont les médicaments les plus dangereux pour une femme enceinte ?

« L’oméprazole, les antihypertenseurs, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les contraceptifs oraux comptent parmi les médicaments les plus dangereux pendant la grossesse. »

Est-ce qu’il y a des médicaments plus dangereux que d’autres ?

L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) classe les médicaments en cinq catégories, en fonction des risques qu’ils présentent pendant la grossesse :

  • Catégorie A : aucun risque pour le fœtus pendant le 1er Ces produits peuvent donc être considérés comme inoffensifs en cours de grossesse. Parmi eux : l’acide folique, la vitamine B6, l’acide ascorbique, le fer, le calcium, le potassium et la lévothyroxine, aux doses prescrites.
  • Catégorie B : aucun risque pour le fœtus pendant le 1er trimestre. Il s’agit de médicaments fréquemment utilisés au cours de la grossesse : le paracétamol, l’acide aspartique, les corticoïdes, l’insuline, l’amoxicilline, l’acide clavulanique, l’azithromycine et l’ibuprofène (ce dernier est cependant à éviter après la 32e semaine de grossesse).
  • Catégorie C : Il existe des effets nocifs pour le fœtus. Ces médicaments ne doivent être utilisés que si leurs avantages en justifient le risque. Parmi eux : la prochlorpérazine, l’amikacine, l’aténolol, la béclométazone, la bétaméthasone, la caféine, la carbamazépine, la codéine, le clonazépam, le fluconazol, le kétorolac, la dexaméthasone, les immunoglobulines anti-RH (D) et la ciprofloxacine.
  • Catégorie D : Il existe un risque potentiel pour le fœtus. En présence d’une situation à risque pour la mère, leur administration est autorisée si aucun autre médicament plus sûr n’est disponible. Il s’agit de l’acénocoumarol, de l’acide acétylsalicylique, du diazépam, de l’acide valproïque, du lithium, de la phénytoïne, de certains médicaments chimiothérapeutiques (bléomycine, méthotrexate) et de l’alcool.
  • Catégorie X : Il existe un risque pour le fœtus. Leur utilisation est totalement contre-indiquée au cours de la grossesse. On trouve parmi les médicaments qui entrent dans cette catégorie : l’isotrétinoïne Roaccutane, le misoprostol, le thalidomide, le raloxifène, la simvastatine ou la nandrolone, entre autres.

Les vaccins sont-ils dangereux ?

« Hormis les médicaments, il ne faut pas occulter les effets sur le fœtus et le placenta de certains vaccins, notamment contre la rougeole, la varicelle, la rubéole, les oreillons, la poliomyélite et la fièvre jaune ».

Et pendant l’allaitement ?

Lorsqu’on allaite il faut se montrer particulièrement prudente avec les médicaments et leurs effets sur le bébé. À cet égard, la FDA distingue trois catégories de médicaments prescriptibles au cours de l’allaitement :

  • OUI : prescription possible sans aucun risque pour le bébé.
  • NON : utilisation déconseillée, à moins que l’allaitement soit interrompu pendant la période de prise du médicament.
  • ND : aucune information disponible à ce sujet.

Il est néanmoins courant que l’innocuité de certains médicaments fasse l’objet d’interrogations, en fonction des besoins de la mère, au cours de la période post-partum et des premiers mois de la vie du bébé (si toutefois on a opté pour l’allaitement, et si ces médicaments présentent un quelconque risque d’affecter la croissance normale du nouveau-né).

Le meilleur conseil que nous pouvons donner aux femmes enceintes ou qui allaitent est d’éviter l’automédication. En cas de doute parlez-en avec votre médecin.

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