Le 1er décembre marque l’anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Aujourd’hui nous faisons le point sur les techniques que nous proposons pour les cas de patients qui aient VIH. La PMA rend compatibles désir d’enfant et sida.
Les chiffres du sida en Europe
D’après les estimations les plus récentes d’ONUSIDA, fin 2024 environ 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde. Parmi elles, environ 1,4 million étaient des enfants âgés de 0 à 14 ans. En 2024, environ 630 000 décès liés au sida ont été recensés au niveau mondial. Ce chiffre est drastiquement réduit, si l’on compare avec les pics du début des années 2000, témoignant des progrès en matière de traitement et prévention. Selon les estimations actuelles, les femmes et les filles représentent la moitié environ des personnes vivant avec le VIH.
Concernant la situation en France, d’après les données 2023–2024, on estime qu’environ 200 000 personnes vivent avec le VIH dans l’Hexagone. Toutefois, malgré les efforts de dépistage et de traitement, chaque année plusieurs milliers de nouveaux diagnostics sont encore posés — appel constant à la prévention, au dépistage et à l’accompagnement.
Plus de quarante ans après la découverte du VIH par l’équipe du professeur Montagnier, aucun vaccin contre le sida (syndrome d’immunodéficience acquise) n’a encore été développé. En revanche, les traitements antirétroviraux permettent d’atteindre une charge virale indétectable. Le virus est toujours présent, mais en très faible quantité. Dans ces cas là, le risque de transmission du virus par voie sexuelle ou par voie fœto-maternelle est considérablement réduit.
VIH et désir de famille : le lavage séminal pour éviter la transmission du virus à l’enfant
Grâce aux progrès de la médecine reproductive, les personnes vivant avec le VIH peuvent réaliser leur désir d’enfant en minimisant le risque de transmission de la maladie. Chez les couples sérodiscordants dont le partenaire masculin est séropositif, on préconise la technique du lavage séminal. Cette méthode utilisée dans les centres IVI depuis plus de 25 ans a montré toute son efficacité et toute sa fiabilité. En 2003 est né le premier bébé conçu par un couple sérodiscordant dont le conjoint était porteur du VIH. Depuis cette date, plus de 435 traitements utilisant le lavage de sperme pour le VIH ont été réalisés sans aucun cas de transmission à la partenaire ou au bébé.
Par conséquent, il est nécessaire de recourir à des techniques de PMA afin d’éviter le risque d’infection, tant pour la mère porteuse que pour le futur bébé. À ce propos, le docteur Manuel Muñoz, directeur d’IVI Alicante, explique : « Une information rigoureuse devient un outil essentiel pour que les personnes infectées connaissent leurs options. Elles peuvent ainsi prendre des décisions éclairées et réaliser leur désir de fonder une famille sans peur ni préjugés, tout en bénéficiant d’un suivi personnalisé. »
En quoi consiste le lavage séminal ?
Pour les couples sérodiscordants, chez lesquels l’homme est séropositif, la technique du lavage de sperme (ou lavage séminal) constitue le moyen le plus sûr d’éviter tout risque de contamination de la partenaire ou de l’enfant à naître.
Le lavage séminal est une méthode en trois étapes qui consiste à préparer le sperme. Le but est d’isoler les spermatozoïdes mobiles de la partie liquide du sperme où réside le virus.
- Un premier lavage effectué dans un milieu de culture débarrasse l’échantillon des cellules potentiellement infectées par le virus.
- Un deuxième lavage utilise la technique du gradient de densité
- Un troisième lavage emploie la technique SWIM-Up. Unie à l’antérieur lavage, elle permet de sélectionner les spermatozoïdes présentant la meilleure mobilité.
La moitié de l’échantillon de spermatozoïdes est alors stockée dans une banque de sperme. L’autre moitié est analysée. Des tests moléculaires permettent de confirmer l’absence de VIH. Si les résultats sont satisfaisants, l’échantillon vitrifié s’utilisera pour la réalisation d’un cycle de PMA, type insémination artificielle (IA), fécondation in vitro (FIV) ou injection intracytoplasmique (ICSI).
PMA après le lavage séminal
Une fois le sperme est libre du virus, on a plusieurs options de PMA pour obtenir la grossesse.
Insémination artificielle
L’échantillon de spermatozoïdes est déposé dans l’utérus de la patiente après une phase de stimulation ovarienne. Dans tous les cas, la fécondation (rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovocyte) se produit dans le corps de la femme.
Fécondation in vitro
Dans le cas d’une FIV, les ovocytes matures sont prélevés après une phase de stimulation ovarienne. Les ovocytes recueillis et les spermatozoïdes préparés sont ensuite mis en contact en laboratoire afin d’obtenir une fécondation. Les ovocytes fécondés restent en culture pendant 5 jours, jusqu’à arriver au stade de blastocyste. Parmi les embryons obtenus, un seul sera transféré dans la cavité utérine. Les embryons surnuméraires sont cryopréservés en attendant d’être utilisés lors de tentatives ultérieures, si besoin.
FIV – ICSI
Avec la FIV ICSI, un seul et unique spermatozoïde est injecté dans l’ovocyte. Cela réduit le risque d’infection, d’une part, et permet de garder une partie de l’échantillon pour un cycle à venir, d’autre part. Le déroulement ultérieur de la ICSI est similaire à celui de la FIV conventionnelle.
Les traitements de PMA proposés aux patientes porteuses du VIH
Lorsque la patiente est séropositive, nous définissons un protocole spécial. Pour réduire le risque de transmission de la mère à l’enfant (TME) du VIH, ce protocole comprend un traitement rétroviral pour la patiente pendant la durée de la grossesse. Une césarienne planifiée peut se révéler nécessaire. Un traitement rétroviral est prescrit au nouveau-né durant ses premiers mois. Un allaitement artificiel peut-être envisagé. Grâce à ce protocole, le taux de transmission du virus de la mère à l’enfant est inférieur à 2 %.
VIH et grossesse : quels protocoles ?
Dans le cas des femmes enceintes vivant avec le virus, la grossesse est analysée et planifiée avec une attention particulière. Nous assurons un suivi étroit avant et pendant la gestation. Le contrôle rigoureux de la charge virale, associé aux mesures médicales recommandées à chaque étape de la grossesse, permet de réduire la transmission verticale à des niveaux minimaux. Pour cela, il est essentiel de maintenir un contrôle immunologique strict. Il faut commencer ou adapter le traitement lorsque la charge virale est très faible ou indétectable. On accorde une attention toute particulière au troisième trimestre et à l’accouchement.
Grâce aux traitements antirétroviraux, la probabilité de transmission est aujourd’hui inférieure à 1 %. Cependant, une césarienne sera recommandée si la charge virale reste élevée. « Au cours des dernières décennies, l’expérience accumulée dans les unités spécialisées a montré qu’une femme séropositive en bonne santé et bénéficiant d’un traitement adéquat peut mener une grossesse sans complications et mettre au monde un bébé parfaitement sain », souligne le Dr Muñoz.
Quelle technique doivent privilégier les couples sérodiscordants ? Comment demander l’avis d’un spécialiste de la PMA ? Quels documents prévoir pour préparer sa première consultation chez IVI ? Posez-nous vos questions, nous vous répondrons en français aussi vite que possible. Vous pouvez également solliciter un rendez-vous avec le spécialiste IVI de votre choix en téléphonant ou remplissant notre formulaire en ligne. Pour vous accueillir dans les meilleures conditions, nous avons l’honneur de vous recevoir en français dans nos cliniques francophones.
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