Le prolapsus génital est un trouble gynécologique lié à la musculature pelvienne et aux structures qui soutiennent les organes pelviens. On parle de prolapsus lorsque ces muscles et structures perdent de leur élasticité et que des organes comme l’utérus ou la vessie s’affaissent et viennent faire pression sur le vagin.
Nous parlons aujourd’hui avec la Dre. Inés Olmo, gynécologue à IVI Valencia, du prolapsus génital modéré, lorsque les organes s’affaissent mais ne glissent pas entièrement par le vagin. Nous expliquons les symptômes, les facteurs de risque, les traitements et les conséquences pour un projet de grossesse.
Le prolapsus génital modéré : la descente d’organes de la femme
Le prolapsus génital est l’affaissement de la vessie, de l’utérus ou du rectum vers le vagin. Ce glissement est dû à un affaiblissement des muscles et des ligaments du plancher pelvien, en général suite à un accouchement par voie basse. Il peut aussi survenir avec l’âge ou en cas d’existence de pathologies associées.
Il existe divers degrés de prolapsus :
- Léger : les organes commencent à s’affaisser mais ils sont encore loin de l’entrée du vagin. En général, aucun symptôme n’est observé.
- Modéré : l’organe est descendu et se situe juste à l’entrée du vagin ou hymen. Certains symptômes apparaissent.
- Grave : l’organe s’extériorise de manière évidente en dehors du vagin, ce qui entraîne des désagréments importants.
- Très grave : le ou les organes ont entièrement glissé à l’extérieur du vagin.
Aujourd’hui, nous allons nous axer sur le prolapsus génital modéré et ses symptômes, puis nous expliquerons les éventuels traitements.
Causes du prolapsus génital modéré
Comme nous l’avons dit, la principale cause du prolapsus génital est le relâchement des muscles et ligaments qui maintiennent la vessie, le rectum ou le vagin. Il est principalement dû à l’accouchement par voie basse et à la réalisation d’efforts physiques.
Certains facteurs de risque spécifiques peuvent contribuer à l’affaiblissement de cette musculature :
- Accouchements multiples ou assortis de déchirements importants, bébés affichant un poids élevé à la naissance, accouchements avec forceps ou ventouse.
- Âge de la femme, qui implique des changements au niveau de la musculature en général.
- Ménopause, et les changements hormonaux qu’elle entraîne.
- Constipation chronique, de par l’effort qu’elle suppose.
- Obésité et surpoids.
- Antécédents familiaux de prolapsus
- Toux chronique, souvent causée par des maladies pulmonaires
- Efforts réalisés pour soulever des objets lourds
Symptômes du prolapsus génital modéré : comment le reconnaître
Le prolapsus génital modéré présente certains symptômes qui ne modifient pas excessivement la qualité de vie de la femme mais qu’il convient néanmoins d’identifier :
- Sensation de lourdeur pelvienne, parfois de protrusion dans le vagin
- Gêne lors des rapports sexuels
- Altérations urinaires : envie urgente d’uriner, fuites, difficultés à vider entièrement la vessie.
Parfois, des troubles digestifs ou une constipation permanente sont observés.
Diagnostic : comment les experts évaluent un prolapsus modéré
Il convient de consulter un spécialiste si vous observez un de ces symptômes, en particulier pour pouvoir procéder à une détection précoce et éviter que la situation ne s’aggrave.
Le diagnostic fera suite à un examen gynécologique complet, au cours duquel une attention particulière sera accordée à la mobilité des organes pelviens. La classification POP-Q (en anglais, Pelvic Organ Prolapse Quantification System pour Quantification du prolapsus des organes pelviens) est un système international normalisé qui mesure et quantifie l’affaissement des organes.
Ce système évalue le degré du prolapsus par l’observation de 9 points anatomiques, six situés sur la paroi vaginale plus trois autres variables. Ainsi, il est possible de décrire avec précision les paramètres suivants :
- l’organe en descente
- le degré d’affaissement
- la partie du vagin où il se produit
Traitement du prolapsus vaginal
Il est possible de traiter le prolapsus vaginal, avec ou sans chirurgie. En principe, les approches les plus conservatrices suffisent à améliorer les symptômes et à prévenir l’évolution.
Rééducation périnéale
Une rééducation périnéale ou rééducation du plancher pelvien est souvent la première option pour renforcer les muscles du plancher pelvien. En effet, la faiblesse du plancher pelvien peut contribuer au glissement des organes.
Le traitement peut englober plusieurs démarches, allant des exercices de contraction des muscles aux massages périnéaux en passant par l’électrostimulation et l’hygiène posturale.
Changements du style de vie
Une autre approche consiste à modifier le style de vie pour maîtriser le surpoids, prévenir la constipation et modérer les efforts physiques.
Le recours à des pessaires peut aussi aider à renforcer le plancher pelvien. Un pessaire est un dispositif placé dans le vagin pour soutenir les organes pelviens et réduire les gênes, comme la sensation de pression ou de descente. Il s’agit d’un choix non chirurgical supervisé à tout moment par un médecin, qui peut améliorer le confort et la qualité de vie dans certaines situations.
De plus, des activités comme le yoga ou le Pilates sont conseillées pour leurs bénéfices sur la musculature en général.
Conclusions
- L’accouchement par voie basse affaiblit parfois les muscles et les ligaments qui soutiennent la vessie, le rectum ou le vagin.
- Le prolapsus vaginal affiche plusieurs degrés de gravité et il convient aussi d’évaluer l’organe en descente ou en glissement.
- Le traitement du prolapsus peut aller de l’intervention chirurgicale à une modification des habitudes de vie axée sur les efforts physiques.
- Parmi les activités conseillées, on trouve les étirements, le yoga ou le Pilates.
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