L’état de l’endomètre est l’un des facteurs décisifs de la réussite d’un traitement de procréation médicalement assistée, avec la qualité embryonnaire. C’est pourquoi une grande partie de l’activité de recherche en médecine de la reproduction se concentre sur l’utérus, le tissu qui le recouvre et les options permettant à l’embryon de s’implanter et d’évoluer favorablement.
Lors du congrès annuel de la Société américaine de médecine de la reproduction (ASRM), une équipe de chercheurs d’IVI Institute Foundation ont présenté une étude qui aborde cette question. Concrètement, ils ont analysé le potentiel du plasma issu du cordon ombilical pour régénérer l’endomètre chez des patientes infertiles. Les résultats sont encourageants.
Plasma riche en plaquettes issu du cordon ombilical
Dans cette étude, les rechercheurs d’IVI Institute Foundation ont travaillé avec le sang prélevé dans un cordon ombilical donné. Il contient du plasma riche en plaquettes (PRP), utilisé dans différents traitements pour son fort potentiel régénératif. En médecine de la reproduction, le plasma est administré par injection sous-endométriale, par hystéroscopie.
La principale différence avec le PRP conventionnel, qui s’obtient généralement à partir du propre sang de la patiente, est que celui extrait du cordon ombilical provient d’une source biologique beaucoup plus jeune. Il est donc riche en protéines, en biomolécules et en facteurs de croissance susceptibles de favoriser la régénération de l’endomètre.
Des résultats prometteurs pour des cas complexes
Les résultats de l’étude doivent être confirmés sur des échantillons plus larges. Cependant, les conclusions obtenues jusqu’à présent sont prometteuses. Elles suggèrent que l’amélioration de la vascularisation et la régénération endométriale pourraient améliorer les conditions d’implantation embryonnaire.
L’étude initiale a été menée auprès de 15 patientes traitées à IVI Fertility Valencia et à l’Hospital Universitari i Politècnic La Fe de Valence. Selon la Dre Irene Cervelló, chercheuse principale de l’étude menée par IVI Institute Foundation et l’Institut de recherche sanitaire La Fe (IIS LAFE), presque toutes ces femmes ont connu une amélioration de l’épaisseur et de la fonctionnalité de l’endomètre après le traitement.
Il ne faut pas oublier que l’échantillon retenu inclut des patientes au pronostic particulièrement difficile. Pour elles, il s’agit d’une avancée porteuse d’espoir. « Notre objectif est d’offrir une alternative aux femmes qui disposent actuellement de très peu d’options reproductives. Leur endomètre ne répond pas aux traitements conventionnels. Les résultats sont préliminaires, mais ils ouvrent une voie très prometteuse pour ce groupe de patientes », souligne la Dre Cervelló.
Une étude centrée sur des patientes atteintes du syndrome d’Asherman
L’endomètre est le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus et son état optimal favorise l’implantation de l’embryon. C’est pourquoi, dans les traitements de fertilité, on recherche une épaisseur endométriale adéquate pour décider de la date du transfert d’embryon.
Les chercheurs d’IVI Institute Foundation travaillent à proposer de nouvelles alternatives aux patientes atteintes de pathologies endométriales. Concrètement, cette étude présentée au congrès de l’ASRM s’est concentrée sur les femmes atteintes du syndrome d’Asherman. Cette pathologie se traduit par un endomètre fin ou une atrophie endométriale. Cela complique l’implantation embryonnaire, car le tissu ne réunit pas les conditions nécessaires.
C’est ce qu’explique la Dre Cervelló : « Ces patientes présentent un problème particulièrement complexe, car leur endomètre a une capacité de régénération limitée. En l’absence de tissu fonctionnel et correctement développé, les possibilités d’implantation embryonnaire diminuent considérablement. »
Formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans l’endomètre
Les chercheurs ont constaté que le traitement par plasma de cordon ombilical favorise la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans l’endomètre. Ce processus s’appelle la néoangiogenèse. Concrètement, la surface vasculaire néoangiogénique est passée de 32,23 % à 45,60 % après l’administration du PRP.
« Avoir observé cette néoangiogenèse nous indique que le traitement produit un effet biologique réel sur le tissu. La nouvelle vascularisation permet l’arrivée du sang, de l’oxygène, des facteurs de croissance et des signaux nécessaires pour que l’endomètre se régénère et redevienne fonctionnel », explique la Dre Irene Cervelló.
Quelles perspectives ce traitement offre-t-il pour la grossesse ?
La prochaine étape de ce nouveau traitement sera, bien sûr, d’étudier les possibilités de grossesse après la régénération endométriale. Pour cela, l’équipe développe déjà une nouvelle étude auprès de 35 patientes de cliniques IVI Fertility, approuvée par l’Organisation nationale des transplantations espagnole.
L’objectif est de valider les résultats obtenus et de déterminer si ceux-ci se traduisent effectivement par une amélioration des taux d’implantation et de grossesse.
« L’un des messages les plus importants est que l’endomètre mérite davantage d’attention en médecine de la reproduction. Souvent, l’attention se porte sur l’embryon, mais pour qu’une implantation adéquate se produise, il nous faut aussi un endomètre préparé et fonctionnel. Notre travail apporte une nouvelle pièce pour comprendre comment nous pouvons favoriser la régénération d’un tissu qui, chez certaines patientes, a une capacité limitée à se rétablir », conclut la chercheuse.
Conclusions
En résumé, voici plusieurs conclusions extraites de l’une des études présentées par IVI Institute Foundation au congrès de l’ASRM, portant sur le rôle de l’endomètre dans l’implantation embryonnaire :
- L’administration de plasma riche en plaquettes issu du cordon ombilical favorise la régénération endométriale
- L’étude a été réalisée auprès de 15 femmes, qui ont obtenu une régénération endométriale grâce à une augmentation de la vascularisation
- L’étape suivante consistera à étudier et à déterminer l’amélioration des taux d’implantation embryonnaire et de grossesse chez les patientes
Dr. Irene Cervelló
Responsable de laboratoire et cheffe du groupe de recherche en cellules souches endométriales et bio‑ingénierie à IVI Fertility Valence. Spécialisée en fertilité féminine, cellules souches et développement de nouvelles thérapies en médecine reproductive.
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