25 février 2019

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qu’est-ce que c’est ?

syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une maladie endocrinienne touchant des millions de femmes en âge de procréer. Cause fréquente d’irrégularités menstruelles chez les femmes de 15 à 44 ans, cette affection provoque un désordre hormonal chez 6 à 10 % de la population féminine et peut entraîner des troubles de la fertilité. Quels sont les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques ? Existe-t-il une prédisposition génétique ? Comment diagnostique-t-on cette pathologie ? En quoi consiste sa prise en charge ? Quels traitements de l’infertilité peuvent être proposés en cas de désir d’enfant ? Définition, origines, complications associées : on fait le point sur le SOPK et les méthodes dédiées pour le gérer efficacement.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), c’est quoi?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) correspond à un déséquilibre hormonal caractérisé par une augmentation de la production d’androgènes (hormones masculines). Ce trouble se traduit par une accumulation de follicules dans l’ovaire.

En temps normal, le cycle de folliculogenèse (la folliculogenèse désigne le processus de maturation d’un follicule primordial jusqu’à l’ovulation) suit deux étapes majeures :

  • le recrutement initial de follicules et la maturation jusqu’au stade de follicules antraux ;
  • la croissance des follicules antraux jusqu’au stade de follicules pré-ovulatoires.

À l’issue de ce cycle de maturation, un seul ovule prêt à être fécondé (follicule de Graaf) est libéré par l’ovaire. Les autres follicules sont éliminés sous l’effet de différentes hormones sécrétées par l’hypothalamus et l’hypophyse.

En présence d’un syndrome des ovaires polykystiques, l’excès d’hormones masculines rend les follicules résistants au processus de sélection. Ce qui provoque des perturbations du cycle menstruel et des troubles de l’ovulation susceptibles d’altérer la fonction reproductrice des femmes. Le SOPK peut de surcroît être à l’origine d’affections graves telles que le diabète ou des pathologies cardiovasculaires.

Quelles sont les causes du SOPK ?

Les causes du SOPK sont encore mal définies. Prédispositions génétiques, dérèglement hormonal… la communauté scientifique est partagée. Une constatation s’impose toutefois : les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques présentent généralement des troubles hormonaux avec des taux élevés de testostérone, de prolactine et d’hormone lutéinisante (LH). Alors que la protéine de transport de la testostérone, la SHBG (globuline liant les hormones sexuelles), est présente en concentration réduite, ce qui a pour résultat d’augmenter la testostérone libre circulante.

Quels sont les principaux symptômes?

Les symptômes du syndrome de l’ovaire polykystique débutent habituellement dès les premiers cycles menstruels de la femme (pendant la puberté) et s’aggravent avec le temps. Ils peuvent également apparaître vers 20 ou 30 ans.

Les différents signes cliniques sont variables d’un cas à l’autre. Les symptômes les plus communs sont:

  • troubles de l’ovulation (causes d’infertilité chez environ 50 % des femmes avec SOPK), dont oligo-ovulation (ovulation rare) et anovulation (absence d’ovulation) ;
  • obésité ou prise de poids ;
  • acné ;
  • menstruations irrégulières ou aménorrhée (responsables des troubles de l’ovulation) ;
  • perte de cheveux ou, au contraire, hirsutisme modéré voire hyperpilosité ;
  • fatigue ou perte d’énergie ;
  • problèmes de sommeil (apnée du sommeil notamment) ;
  • dépression, anxiété, sautes d’humeur ;
  • céphalées.

D’autres symptômes liés aux taux hauts d’hormones masculines peuvent apparaître, comme:

  • une réduction du timbre de la voix ;
  • une diminution du volume des seins ;
  • une augmentation de la masse musculaire.

En cas de production excessive d’insuline, on constate:

  • une obésité associée à des difficultés pour perdre du poids ;
  • la présence d’acanthosis nigricans, caractérisée par un épaississement et un brunissement de la peau dans la région de la nuque, des aisselles, des articulations des doigts et des coudes et dans les plis cutanés.

Peuvent s’ajouter à tous ces signes certains problèmes de santé corrélés, tels que le diabète de type II (provoqué par la résistance aux effets de l’insuline), un taux élevé de cholestérol, des risques d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires.

Comment diagnostique-t-on le SOPK ?

Pour réaliser son diagnostic, le médecin commence par procéder à une série de contrôles comprenant:

  • des bilans cliniques ;
  • des dosages sériques de testostérone, de FSH (hormone folliculo-stimulante), de prolactine et de TSH (thyréostimuline) ;
  • une échographie pelvienne pour écarter d’autres causes potentielles.

Les examens complémentaires comportent un test de grossesse et des analyses sanguines pour contrôler le taux de glucose et de lipides (diabète et cholestérol) et rechercher un éventuel syndrome métabolique favorisant les risques de pathologies cardiovasculaires.

Le diagnostic du syndrome de l’ovaire polykystique peut être posé si deux des trois critères suivants sont observés:

  • troubles du cycle avec règles rares ou anomalies de l’ovulation (oligo-ovulation ou anovulation) ;
  • hyperandrogénie clinique (qui se voit : hirsutisme, acné, calvitie) ou biologique (révélée par les analyses) ;
  • présence de plus de 12 gros follicules par ovaire (de 2 à 9 mm de diamètre, révélés par échographie).

Sur la base de ce diagnostic, les patientes sont dirigées vers un spécialiste du SOPK, qui lui seul est capable de proposer une prise en charge adaptée.

SOPK : quels sont les traitements?

Il n’y a pas de remède pour éradiquer le syndrome des ovaires polykystiques. Cependant, divers protocoles permettent d’en gérer les manifestations efficacement. Le traitement du SOPK dépend de la gravité des symptômes, de l’âge de la patiente et de son projet d’avoir des enfants ou non.

Selon les cas, il sera conseillé de perdre du poids. En effet, un certain nombre d’études démontrent qu’une baisse de l’indice de masse corporelle (IMC) peut réduire les conséquences du syndrome des ovaires polykystiques. Chez les femmes atteintes de SOPK, mais ne souffrant pas de surpoids, une diminution de l’IMC n’entraîne aucun impact positif.

Pour réguler le cycle en cas d’absence ou d’irrégularité de menstruations, une pilule contraceptive sera prescrite, selon toute vraisemblance. La réponse contre l’hirsutisme et l’acné pourra passer par la prise de contraceptifs hormonaux ou de progestatifs.

Pour les patientes désireuses de tomber enceintes, le spécialiste de la fertilité envisagera la plupart du temps le citrate de clomifène (Clomid) en traitement de première intention. Visant à stimuler la libération de l’ovocyte par l’ovaire, ce protocole est efficace dans 80 % des cas avec troubles de l’ovulation. Il permet d’obtenir une grossesse dans 50 % des situations.

Lorsque le citrate de clomifène ne donne pas les résultats espérés, le praticien dirigera sa patiente vers des techniques de PMA (procréation médicalement assistée). Il pourra s’agir de la stimulation ovarienne simple par gonadotrophines, de la fécondation in vitro (FIV) classique ou de la FIV avec ICSI (injection intracytoplasmique).

Syndrome des ovaires polykystiques et grossesse : que peut offrir la PMA?

Les femmes atteintes par le syndrome des ovaires polykystiques ont un utérus normal et des ovaires fonctionnels. Dans l’hypothèse d’un SOPK, l’ovulation est perturbée, mais la fertilité n’est pas forcément remise en cause. Il peut néanmoins arriver que les traitements de première ligne soient infructueux. Dès lors, la PMA (procréation médicalement assistée) peut aider à solutionner le syndrome des ovaires polykystiques en cas de désir de grossesse.

Lorsque les traitements de première intention se révèlent inefficaces, le spécialiste peut mettre en place plusieurs protocoles de PMA.

  • L’insémination artificielle (IA), une technique de PMA favorisant le rapprochement des spermatozoïdes et de l’ovocyte après recueil d’un échantillon de sperme du conjoint ou d’un donneur. La fécondation se produit « in vivo », de façon naturelle, à l’intérieur de l’utérus de la patiente ;
  • La fécondation in vitro (FIV), permettant de mettre en contact les spermatozoïdes et l’ovocyte en laboratoire. Lorsque la fécondation est intervenue et que des embryons sont obtenus, ils sont transplantés dans l’utérus de la future mère.
  • La fécondation in vitro avec ICSI, consistant à introduire un spermatozoïde directement au cœur de l’ovocyte, toujours en laboratoire.

Les deux risques notables de ces traitements de PMA chez les patientes atteintes de syndrome des ovaires polykystiques sont :

  • le risque d’hyperstimulation ovarienne ;
  • le risque de grossesse multiple.

Pour contrôler le risque d’hyperstimulation ovarienne, la phase d’induction suit un protocole spécifique tenant compte des réponses complexes des ovaires polykystiques.

Pour écarter le risque de grossesse multiple, les cliniques IVI ont fait le choix de la technique du SET (single embryo transfer), c’est-à-dire le transfert d’un embryon unique par cycle de FIV. En utilisant la cryopréservation embryonnaire, il est possible d’atteindre presque les mêmes chances de succès en implantant deux embryons lors de deux cycles successifs. L’un des deux embryons est congelé en l’attente de son transfert.

Vous voulez en apprendre davantage sur les traitements de procréation médicalement assistée proposés par les cliniques de l’Institut Valencien de l’Infertilité ? Appelez-nous au 08 00 941 042 (numéro gratuit depuis la France) ou au +34 960 451 185. Vous pouvez aussi nous poser vos questions en renseignant notre formulaire dédié. Nous vous contacterons rapidement, sans aucun engagement de votre part. Si vous le souhaitez, vous pouvez solliciter un rendez-vous avec un spécialiste IVI en particulier. Dans un souci de transparence et de compréhension, nos centres de fertilité peuvent vous faire bénéficier d’une assistance personnalisée, grâce à l’accompagnement d’un référent francophone ou parlant votre langue maternelle qui vous suivra tout au long de votre parcours

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