7 décembre 2017

Quel est l’âge limite pour devenir maman ?

En 30 ans, l’âge des grossesses dites tardives a résolument progressé. Dans les années 90, ces grossesses concernaient les femmes de 35 ans. Aujourd’hui, devenir maman après 40 ans est chose courante. En France, la Sécurité sociale prend en charge la procréation médicalement assistée (PMA) jusqu’à 43 ans pour les femmes. Au-delà de cet âge, les scientifiques s’accordent à dire qu’obtenir une grossesse avec ses propres gamètes s’avère délicat. La loi de bioéthique, pour sa part, réserve les techniques de PMA aux femmes « en âge de procréer ». Face à ce flou juridique et compte tenu des risques pour la santé de la mère et de l’enfant, l’Agence de la biomédecine projette de fixer un âge limite explicite, lors de la révision de la loi de bioéthique programmée en 2018.

L’âge limite selon l’Agence de la biomédecine

43 ans : tel est l’âge limite que le conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine souhaite imposer aux Françaises désirant obtenir une grossesse grâce à la PMA, lors de la révision de la loi de bioéthique programmée en 2018. Pour expliquer ce choix, les experts de l’ABM mettent en avant la santé de la mère. Après 45 ans, les risques d’embolie pulmonaire, d’infarctus, d’arrêt cardiaque ou d’insuffisance rénale augmentent sensiblement pour la femme enceinte. Du côté de l’enfant, l’âge avancé de la mère rend plus probable la prématurité, la trisomie 21, voire la mort in utero.

50 ans : l’âge limite pour bénéficier de la PMA en France ou en Espagne

Légalement, l’âge de procréer en France est fixé à 50 ans maximum pour les femmes. Un « âge physiologique » auquel les grossesses naturelles et spontanées sont encore possibles. En revanche, au-delà de 43 ans, l’Assurance maladie ne prend plus en charge les soins engagés dans le cadre de la procréation assistée. Du côté de l’Espagne, il n’existe pas d’âge limite légal pour se soumettre à un traitement de lutte contre l’infertilité. Cependant, la Commission nationale pour la reproduction assistée a établi, elle aussi, à 50 ans environ l’âge maximum pour procéder à une insémination artificielle (IA) ou une FIV (fécondation in vitro) en Espagne.

Pourquoi la fertilité baisse avec l’âge ?

Les femmes naissent avec un capital de l’ordre d’un million d’ovocytes. Ce stock de cellules reproductrices, non renouvelable, s’amenuise avant la puberté, pour atteindre approximativement les 400 000. À chaque cycle menstruel, quasiment 1 000 ovocytes disparaissent. À partir de 35 ans, cette réserve ovarienne ne représente plus qu’environ 10 % du total initial. La fertilité de la femme commence à diminuer. À 40 ans, elle chute encore. Une femme de 30 ans a 80 % de chances de tomber enceinte. À 40 ans, ce chiffre tombe à 45, voire 40 %. A contrario, sachant que l’infertilité survient peu ou prou 10 ans avant la ménopause, il est admis que les possibilités de grossesse baissent pour certaines dès la trentaine, alors que d’autres pourront tomber enceintes jusqu’à 50 ans.

Est-il envisageable de recourir à une FIV après 40 ans ?

Passé 40 ans, outre les complications de santé, le risque majeur qu’encourt une femme enceinte est celui d’anomalies chez le fœtus, entraînant un taux accru de fausses couches. C’est pourquoi il est parfois recommandé, à ce moment précis, d’avoir recours au don d’ovocytes pour pallier l’insuffisance ovarienne. Pour maximiser les chances de succès de ce protocole de fécondation in vitro spécifique, la future maman peut opter pour un don d’ovocytes jeunes ou utiliser ses propres ovules, qu’elle a pu vitrifier durant sa jeunesse, afin de s’en servir au moment opportun. Le taux de réussite de grossesse est plus élevé lorsque la vitrification pour préserver la fertilité a été réalisée avant 35 ans.

Devenir maman malgré la ménopause

À la ménopause, malgré l’absence des ovules nécessaires pour parvenir à une grossesse, l’utérus reste intact. C’est pourquoi il est possible de bénéficier d’une FIV avec don d’ovocytes en Espagne jusqu’à 50 ans. Encadré par les lois 35/1988 du 22 novembre 1988 et n°14 du 26 mai 2006, le don d’ovocytes est une technique médicale communément utilisée dans les traitements de PMA en Espagne. Ainsi, les femmes souhaitant concevoir un enfant reçoivent des ovocytes d’une donneuse anonyme. Conformément à la loi, la donneuse, après avoir soumis son accord, passe un examen psychologique pour vérifier sa bonne santé mentale et s’assurer que le don est motivé par de bonnes raisons. Parallèlement, se met en place un examen clinique comprenant une prise de sang pour déterminer son groupe sanguin, son Rh et écarter la présence d’agents infectieux ou sexuellement transmissibles (virus des hépatites B et C, VIH, cytomégalovirus, HTLV 1 ou 2 et bactérie générant la syphilis). Une exploration gynécologique approfondie permet de dépister les kystes, myomes, polypes et autres altérations de l’appareil reproducteur. Un caryotype est effectué pour dresser une carte des chromosomes et prévenir les risques de malformations chez le fœtus. Une fois complété, le profil de la donneuse est enregistré pour simplifier la mise en correspondance avec le profil de la receveuse.

Grossesse et ménopause : les techniques les plus efficaces

Tout indiquée pour les femmes désirant une grossesse après 40 ans, la FIV avec ICSI (injection intracytoplasmique) s’avère particulièrement efficace en cas de ménopause. Cette méthode consiste à sélectionner un spermatozoïde et à l’introduire directement dans l’ovocyte, pour faciliter la fécondation.

Autre technique affichant un taux de réussite accru, la FIV PLUS (FIV+PGS) combine les procédures de la FIV et du PGS (« preimplantationgenetic screening », pour criblage génétique préimplantatoire). L’étude chromosomique augmente ici les chances de succès et la garantie d’avoir un bébé sain. Identique à la FIV classique jusqu’à la fécondation des ovules, le protocole diffère à l’étape de la culture des embryons. Conservés en laboratoire jusqu’au stade de blastocystes (cinquième ou sixième jour d’évolution), ceux-ci sont classifiés en fonction de leur morphologie et de leur capacité à se diviser. Une biopsie est ensuite pratiquée, afin d’extraire quelques cellules des embryons, avant leur vitrification dans l’attente des résultats. Enfin, les embryons sains sont choisis et transplantés.

FIV avec ICSI ouFIV PLUS, les deux méthodes sont indolores et ne nécessitent aucune anesthésie. La future maman peut donc quitter la clinique après un court moment de repos.

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