25 septembre 2017

Ménopause précoce : puis-je devenir maman ?

Arrêt de la fertilité, dysfonctionnement hormonal, disparition des règles… l’insuffisance ovarienne prématurée ou primitive (IOP), mieux connue sous le nom de ménopause précoce, touche 1 % des femmes de moins de 40 ans. Quels sont les mécanismes et les causes de ce phénomène ? Existe-t-il un traitement pour retarder ou annuler ses symptômes synonymes d’infertilité ? Mais surtout, cette affection frappant les femmes dans la fleur de l’âge obère-t-elle toute chance d’être enceinte ? En quoi la procréation médicalement assistée via le don d’ovocytes ou l’auto préservation ovarienne représente-t-elle un espoir ? En bref, une grossesse peut-elle raisonnablement être envisagée malgré une insuffisance ovarienne primitive ? Zoom sur la ménopause précoce et les progrès de la PMA qui permettent d’y faire face.

Ménopause précoce : causes, mécanismes et traitement hormonaux

Parfois consécutive à des traitements chirurgicaux ou médicaux, la ménopause précoce peut résulter, entre autres, d’une ablation des ovaires, d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie. En cause également : les anomalies génétiques, comme le syndrome de Turner, certaines maladies auto-immunes, telles que le diabète insulinodépendant, ainsi que les facteurs héréditaires. Enfin, lourdement soupçonnés d’avoir une influence sur l’appareil reproductif humain, les perturbateurs endocriniens seraient susceptibles de bouleverser notre système hormonal, causant ainsi la ménopause précoce. Ce phénomène présente sensiblement les mêmes symptômes que la ménopause naturelle : règles irrégulières ou absentes, plus abondantes ou moindres qu’habituellement, bouffées de chaleur… Pour compenser le déséquilibre hormonal, se prémunir contre les risques d’ostéoporose et contrôler les bouffées de chaleur, un traitement hormonal est généralement prescrit. Sous forme de pilule contraceptive ou de THS (traitement hormonal substitutif), ce protocole médical vise à stabiliser le niveau d’œstrogène.

Être enceinte malgré la ménopause précoce grâce à la PMA

Bien que délicat à gérer, l’arrêt de la fertilité généré par la ménopause précoce n’est pas une fatalité. En fonction du degré d’avancement et de l’origine de l’insuffisance ovarienne primitive, les techniques de PMA peuvent apporter une réponse personnalisée au désir de grossesse. Dans un premier temps, une série d’examens, dont un test de fertilité pour femme sondant la réserve ovarienne et une analyse de sang réalisée le troisième jour de la menstruation permettent d’en savoir plus sur les raisons qui empêchent le couple de concevoir. Dans un deuxième temps, une échographie accompagnée du recensement du nombre de follicules donne un aperçu du niveau potentiel d’ovocytes (ovules au stade immature) de la patiente. Selon les cas, les médecins conseillent aux femmes un protocole faisant appel au don d’ovocytes. Pour les jeunes femmes dont la ménopause est prévisible (traitement contre un cancer, antécédent de ménopause précoce dans l’ascendance), la technique de préservation de la fertilité est utilisée.

Une grossesse grâce au don d’ovocytes

Puisque malgré la ménopause précoce, l’utérus demeure fonctionnel, et donc parfaitement apte à accueillir un embryon, les médecins peuvent recommander une fécondation in vitro (FIV) avec don d’ovocytes aux patientes envisageant une grossesse. Si une stérilité masculine est décelée grâce au spermocytogramme, ou en cas de conception dans le cadre d’un couple lesbien, c’est vers une FIV avec double don (don d’ovocytes et don de sperme) qu’on se dirigera.

Rigoureusement encadrée par la loi de bioéthique en France, et les lois 35/1988 du 22 novembre 1988 et n°14 du 26 mai 2006 en Espagne, le don d’ovocytes est une technique médicale communément utilisée dans les traitements de PMA. Il permet aux femmes qui souhaitent avoir un enfant de recevoir des ovocytes d’une donneuse anonyme. Conformément à la loi, après avoir soumis son accord, la donneuse passe un examen clinique complet, qui inclut une prise de sang pour déterminer son groupe sanguin, son Rh et écarter la présence d’agents infectieux ou sexuellement transmissibles, comme les virus des hépatites B et C, du sida, le cytomégalovirus, le virus HTLV 1 ou 2 et la bactérie responsable de la syphilis. Une exploration gynécologique approfondie permet de confirmer l’absence de kystes, myomes, polypes ou autres altérations de l’appareil reproducteur. Un caryotype est effectué, afin de dresser une carte des chromosomes et éviter tout risque de malformation chez l’enfant. Une fois établi, le profil de la donneuse est consigné pour faciliter la mise en correspondance avec le profil de la receveuse. Couramment indiquée pour les femmes ménopausées désirant une grossesse après 40 ans, la FIV simple ou avec ICSI (injection intracytoplasmique) convient tout à fait aux jeunes femmes souffrant d’insuffisance ovarienne primitive.

Devenir maman avec les techniques de la préservation de la fertilité

Quand la situation s’y prête, les méthodes de préservation de la fertilité constituent la meilleure solution pour concevoir un enfant avec ses propres ovocytes. La technique consiste à mettre toutes les chances de son côté en congelant ses cellules reproductrices, pour repousser les limites de la fécondité dans le temps. Le protocole de préservation de la fertilité repose sur un cycle de stimulation ovarienne, suivi d’une ponction des ovocytes arrivés à maturité sous anesthésie locale ou générale avec guidage par échographie. Au lieu d’être inséminés et fécondés, les ovocytes sont vitrifiés puis cryopréservés (congelés de façon ultrarapide) dans de l’azote liquide à -196 °C. Ils peuvent alors être conservés aussi longtemps que le souhaite la patiente. Au moment opportun, il est possible d’utiliser ces ovocytes pour une FIV conventionnelle ou une FIV PLUS (FIV + PGS). Parmi les techniques de vitrification, le procédé « Cryotop » est le plus novateur. Avec cette technique, le taux de survie des ovocytes atteint 97 % chez des patientes jeunes (< 35 ans), le taux de grossesse est de 65 % et le taux d’implantation de 40 %.

Vers un nouvel espoir avec le rajeunissement ovarien ?

À l’étude, deux techniques de rajeunissement ovarien visent un objectif identique : l’activation de follicules dormants chez les jeunes femmes présentant une insuffisance ovarienne précoce.

  • La fragmentation du tissu ovarien (OFFA, pour « Ovarian Fragmentation for Follicular Activation »)

Un échantillon de cortex ovarien est prélevé par laparoscopie, pour être ensuite fragmenté et réimplanté. Très peu invasive, cette procédure permet à la patiente de ressortir le jour même de la clinique. Le résultat de l’intervention s’évalue à l’aide d’une prise de sang, destinée à vérifier la variation des niveaux de l’hormone antimüllérienne, marqueur de la réserve ovarienne.

  • L’injection de cellules mères dans l’artère ovarienne

Des cellules souches de la moelle osseuse (BMDSC, sigle de « Bone Marrow-Derived Stem Cells ») sont injectées dans l’artère ovarienne. Prometteuse, cette technique a vu survenir des grossesses spontanées chez des femmes disposant d’une faible réserve ovarienne, suite à une greffe de moelle osseuse.

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2 commentaires

  • Sam says:

    Bonjour, en stimulation ovarienne, le taux d oestradiol a varié de inferieur a 5 a 20. On sort de chez la gyneco qui nous dit qu elle est en perimenopause. C est un choc. Peut o. Encore y croire, peut on encore avoir des ovules et recourir a une fiv (sans don).
    Merci

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