29 janvier 2018

Avoir un enfant quand on est mère célibataire : est-ce difficile ?

Faire un bébé sans père ou sans conjoint : telle est la décision que sont prêtes à prendre de plus en plus de femmes. Insémination artificielle (IA) ou fécondation in vitro (FIV), grâce à la PMA (procréation médicalement assistée), le désir de ces mères indépendantes prend corps. Alors qu’en France, ces traitements leur sont interdits, elles n’hésitent plus à franchir la frontière pour consulter dans les cliniques espagnoles. Que dit la loi en France et en Espagne à propos de la PMA pour les femmes célibataires ? Quel est le profil de ces courageuses candidates à la parentalité, qui défient seules leur horloge biologique ? Pourquoi ont-elles recours à la procréation assistée ? Comment sont-elles prises en charge de l’autre côté des Pyrénées ? Célibat et maternité : enquête sur une évolution durable de la société.

Femmes célibataires et PMA : la loi en France et en Espagne

Contrairement à l’Espagne, le Portugal, la Croatie, la Suède, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Royaume-Uni et l’Irlande, qui autorisent déjà la PMA à toutes les femmes, la France réserve son accès aux seuls couples hétérosexuels. Mariée, pacsée ou en concubinage, la future maman dans l’Hexagone doit en outre être « en âge de procréer », c’est-à-dire avoir moins de 43 ans.

Plus souple, la législation espagnole stipule qu’indépendamment de son état civil ou de son orientation sexuelle « toute femme de plus de 18 ans et jouissant de toutes ses capacités de jugement pourra recevoir ou avoir recours aux techniques (loi 14/2006) portant sur les techniques de reproduction humaine assistée ».

Devenir maman avec la technique de l’insémination artificielle

Pour aider les femmes dans leur projet de maternité en solo, les équipes médicales peuvent conseiller une insémination artificielle (IA), ou plus précisément une insémination intra-utérine avec don de sperme (IAD), à celles qui ne connaissent pas de problèmes d’infertilité. Considérée comme la plus simple des techniques de PMA, l’insémination artificielle consiste à déposer l’échantillon de sperme d’un donneur anonyme à l’intérieur de l’utérus de la future maman. Afin de maximiser les chances de fécondation, la patiente suit préalablement un traitement de stimulation ovarienne. Cette phase, d’une durée de 10 à 12 jours, vise à aider l’ovaire à produire naturellement davantage d’ovocytes. Lorsque les follicules ont atteint la quantité et la taille recherchées, l’insémination artificielle est programmée, environ 36 heures après l’administration d’une injection de hCG, activant la maturation ovocytaire et l’ovulation.

Qu’est-ce que la FIV peut offrir aux femmes célibataires ?

Pour celles qui souffrent d’insuffisance ovarienne, d’endométriose, du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou chez qui le nombre d’ovocytes est limité, les spécialistes préconiseront sans doute une fécondation in vitro classique avec don de sperme, ou une FIV avec don d’ovocytes et de sperme. Avec ces techniques, les ovocytes sont fécondés en laboratoire. Si la patiente en fait la demande, les embryons obtenus peuvent être observés quotidiennement et classés selon leur morphologie et leur capacité à se diviser, grâce à un incubateur « EmbryoScope time-lapse ». Cet outil novateur permet la prise de photos continue de l’embryon et la surveillance en temps réel de la division cellulaire, des premières heures de développement jusqu’à la maturité. Rapide et indolore, le transfert d’embryons, réalisé au bloc opératoire, ne nécessite pas d’anesthésie.

Les embryons surnuméraires de bonne qualité sont vitrifiés, afin de pouvoir éventuellement les utiliser lors d’un prochain cycle. L’avantage majeur de la vitrification réside dans la possibilité de conserver sans abîmer les embryons, en évitant la formation de cristaux de glace.

Dans certains cas, c’est vers l’implantation de pré-embryons donnés par d’autres couples que les spécialistes guideront les candidates à la maternité.

L’autoconservation des ovocytes pour assurer l’avenir

Congeler ses propres ovocytes pour les utiliser plus tard dans le cadre d’un protocole de procréation médicalement assistée (PMA), tel est le but de la vitrification des ovocytes. Lorsque le moment opportun se présente, la patiente célibataire peut demander la dévitrification de ses cellules reproductrices. Dès lors, le déroulement du traitement suit le protocole d’une FIV (fécondation in vitro) traditionnelle avec transfert d’embryons. Ici encore, les embryons surnuméraires peuvent être congelés pour un usage ultérieur. Les deux facteurs déterminant la réussite de cette méthode, interdite en France, sont l’âge de la femme au moment du prélèvement et le nombre d’ovocytes congelés. Il est conseillé d’y recourir avant 35 ans, afin de pallier l’évolution naturelle de la fertilité. Ainsi, les études tendent à prouver que le nombre et la qualité des ovules capables de se développer suite à une stimulation ovarienne déclinent au fil du temps. En pratique, une femme peut obtenir 15 à 20 ovules à 30 ans après stimulation hormonale. À 40 ans, le nombre d’ovules est moindre et le risque d’anomalies chromosomiques croît drastiquement. Réalisée jeune, l’autoconservation des ovocytes augmente les chances d’être enceinte après 40 ans, en réduisant le risque de fausse couche liée à la mauvaise qualité des gamètes vieillissantes. Ce risque dépend en effet directement de l’âge des ovocytes, et non de celui de l’utérus.

Qui sont ces femmes prêtes à faire un bébé toutes seules ?

Les femmes déterminées à former une famille monoparentale ont habituellement plus de 35 ans, occupent un emploi stable et bénéficient généralement du soutien de leurs proches. Elles ont fait, pour beaucoup d’entre elles, des études longues, et ont pris le temps d’avancer dans leur carrière. Certaines n’ont pas encore trouvé l’homme avec lequel fonder un projet de famille, d’autres ne le cherchent pas. Elles savent que passé 37 ans (l’âge moyen auquel la fertilité baisse drastiquement), elles rencontreront plus de difficultés à tomber enceinte et préfèrent se lancer en solo tant que leur horloge biologique le leur permet. Leur taux de réussite à la PMA dépend du traitement. Celui-ci varie entre 20 % environ pour l’insémination artificielle et 70 % pour une FIV avec don des deux gamètes. En quatre ans, le nombre de femmes célibataires ayant consulté pour la première fois chez IVI a augmenté de près de 30 %.

 

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