21 mars 2016

« La préservation de ma fertilité a été l’une des décisions les plus importantes et les plus judicieuses de ma vie »

Je m’appelle Ségolène, j’ai 35 ans et j’ai vitrifié mes ovules lorsque j’avais 34 ans. Cette décision a été l’une des plus importantes et des plus judicieuses de ma vie, et je dois dire que je le referai sans aucun doute, même si je reconnais qu’elle a été particulièrement difficile à prendre et qu’il m’a fallu un petit coup de pouce. Nous avons parfois des peurs irrationnelles de l’inconnu, la peur d’un processus médical dont nous ne connaissons ni la durée, ni l’effet, la peur d’entrer dans une salle d’opération… Bref, la peur de tout.

Cependant, une fois ces obstacles surmontés et votre décision prise, ces craintes cessent. Préserver la fertilité est avant tout nécessaire afin de répondre à cet appel de la maternité qui, dans mon cas, a frappé et est entré dans ma vie comme un cyclone, sans m’avertir et sans doute un peu tard. Je n’ai jamais pensé que l’instinct se réveillerait ainsi en moi, si primitif et viscéral. La vitrification a notamment représenté un grand soulagement, calmant mon anxiété et cet instinct « primitif » qui transformait n’importe quel homme en spermatozoïde et qui me faisait classer les hommes croisés dans la rue dans une catégorie de bon ou de mauvais « exemplaire ». Quoi qu’il en soit, j’étais plongée dans une frénésie d’émotions qui devait être gérée de façon appropriée et en temps voulu.

J’ai soudain compris que j’avais la possibilité de ralentir cette horloge biologique si redoutée afin de disposer d’une marge de manœuvre me permettant d’aborder la maternité sous une perspective meilleure et, notamment, plus mature. Et j’insiste sur le terme «mature», car il s’agit inévitablement d’un processus qui fait à la fois réfléchir et mûrir, qui m’a obligé à affronter beaucoup de questions… Serais-je prête à être mère célibataire si j’envisageai cette possibilité à un moment donné ?

Je sais que, par ignorance, beaucoup pensent que ce qui conduit les femmes à préserver leur fertilité est une quête, un tantinet égoïste ou la recherche d’un certain confort, que nous souhaitons tout contrôler, nous libérer et garder du temps libre pour acquérir plus d’expériences, voyager, sortir ou poursuivre notre formation… Mais j’affirme sans aucun doute que cette constatation ne s’approche en aucun point de la réalité. En effet, il ne s’agit pas de quelque chose de superflu, mais d’une question qui va au-delà de l’aspect purement social ou matérialiste, qui sous-entend une perspective si naturelle et altruiste qu’est la possibilité de concevoir et d’aimer une nouvelle vie… Je préserve ma fertilité pour des motifs sociaux, pas pour des raisons sociales.

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