Médicaments pour la stimulation ovarienne : quel est leur rôle ? La stimulation est une étape fondamentale dans un traitement de PMA. À cette fin, le spécialiste prescrit un protocole hormonal. Les résultats s’évaluent à différents moments afin d’observer le développement des ovocytes et de déterminer le jour optimal pour la ponction.
Dans ce blog, avec le Dr. André Guérin (gynécologue à IVI Barcelone) nous proposons les informations essentielles pour comprendre le rôle des médicaments dans la stimulation ovarienne.
Les médicaments et la stimulation ovarienne
Les médicaments utilisés contiennent des hormones équivalentes à celles qui interviennent naturellement dans le cycle menstruel, mais dans ce cas l’objectif est d’amener plusieurs ovules à la fois au stade de maturité.
En fonction de la technique de reproduction assistée qui va être employée et du nombre d’ovules nécessaires, un ou deux pour l’insémination artificielle (IA) et plusieurs pour la fécondation in vitro (FIV), l’intensité de la stimulation ne sera pas la même. Ainsi, les dosages hormonaux devront être ajustés. Un suivi échographique et hormonale sera nécessaire.
Types de médicaments pour la stimulation ovarienne
Pendant la stimulation ovarienne, deux groupes principaux de médicaments hormonaux sont normalement employés : les Gonadotrophines et le Clomifène d’un côté, les analogues de la GnRH de l’autre côté.
Voyons maintenant en détail quels sont les médicaments qui composent chaque catégorie. Quel est leur rôle au cours du cycle de reproduction assistée ?
Clomid et grossesse
Au cours du cycle menstruel, l’ovulation est clé pour que la fécondation puisse se produire. Cependant, les ovaires n’arrivent pas toujours à libérer correctement un ovule. Dans ce cas, il est possible d’utiliser le citrate de clomifène pour induire l’ovulation.
Comment agit le Clomid ?
Le Clomid bloque les récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau. C’est ainsi qu’on fait croire à l’organisme que les taux d’œstrogènes sont faibles. Ainsi, l’hypophyse va produire plus de FSH et de LH, deux hormones nécessaires pour :
- la maturité de l’ovule ;
- sa libération lors de l’ovulation.
Le Clomid stimule aussi la croissance de plusieurs follicules ovariens. Cela augmente la possibilité de libérer de 2 à 3 ovules au lieu d’un seul.
Avantages du traitement
- Ce traitement aide les femmes dont l’ovulation est irrégulière ou absente.
- Il accroît les chances de tomber enceinte au cours du cycle de prise.
Mode d’emploi
- Le traitement se présente sous forme de comprimés à prendre les premiers jours du cycle menstruel.
- Tout se déroule toujours sous la supervision d’un spécialiste en fertilité.
Gonadotrophines
Au cours du cycle menstruel, les gonadotrophines sont les hormones responsables du développement d’un seul follicule dans les ovaires. Celui-ci libère un ovule arrivé à maturité au moment de l’ovulation.
Les traitements de stimulation ovarienne font appel à des médicaments qui contiennent ces mêmes hormones. Or, elles sont administrées de sorte à favoriser la croissance de plusieurs follicules à la fois. Les gonadotrophines utilisées dans ce but peuvent être divisées en deux groupes :
- Celles contenant de la FSH et LH, dont la fonction est de favoriser le développement simultané de multiples follicules ;
- La Gonadotropine corionique humaine (hCG). Cette hormone déclanche la maduration finale de l’ovocyte provocant l’ovulation.
Les analogues de la GnRH
Les analogues de la GnRH servent à freiner la production de certaines hormones libérées par l’hypophyse et intervenant dans le cycle menstruel. Le but recherché est :
- de réguler avec la plus grande précision possible la réponse des ovaires,
- et d’éviter que l’ovulation ne survienne trop tôt.
La GnRH est une hormone produite par l’hypothalamus. Sa fonction principale consiste à contrôler la libération de gonadotrophines par l’hypophyse. Les deux structures, situées dans le cerveau, coordonnent des fonctions essentielles du système reproducteur.
Les médicaments qui imitent l’action de la GnRH sont pensés pour bloquer l’hypophyse de manière temporaire. Cela empêche ainsi de libérer les hormones FSH (hormone de stimulation folliculaire) et LH (hormone lutéinisante). Cela entraîne un état connu sous le nom de suppression hypophysaire.
Le mécanisme est différent selon le type d’analogue employé.
Les agonistes de la GnRH
- Les agonistes s’unissent aux récepteurs de la GnRH dans l’hypophyse.
- Ils produisent, dans un premier temps, une augmentation soudaine de gonadotrophines (que l’on appelle en anglais flare-up).
- Au bout de plusieurs jours d’utilisation continue, une désensibilisation du récepteur se produit.
- Résultat : la sécrétion de FSH et de LH se trouve bloquée et l’ovulation prématurée sera évitée.
- La prise des agonistes commence avant le démarrage de la stimulation ovarienne.
Les antagonistes de la GnRH
- Les antagonistes de la GnRH agissent rapidement sur les récepteurs de l’hypophyse.
- Leur effet inhibiteur se manifeste au bout de quelques heures seulement.
- Les injections subcoutanées nécessaires sont réalisées après avoir commencé la stimulation ovarienne.
Effets secondaires courants des médicaments utilisés dans le cadre d’une stimulation ovarienne
La stimulation ovarienne peut avoir des effets secondaires. Ils se manifestent généralement de manière modérée et disparaissent au bout de quelques jours. Parmi les plus communs, on trouve :
- Gonflement abdominal
- Rétention d’eau
- Désagréments dans la région du bas-ventre
- Jambes lourdes
- Sécheresse vaginale
- Changements d’humeur ; anxiété, irritabilité ou fatigue
- Petites ecchymoses dans la région des piqûres.
Par ailleurs, il existe un effet secondaire plus grave mais moins courant : le syndrome de l’hyperstimulation ovarienne (SHO). Ce syndrome peut être évité grâce à des contrôles médicaux périodiques tout au long du traitement, de sorte à garantir la sécurité de la patiente.
Conclusions
- Les médicaments employés pour la stimulation ovarienne permettent aux ovaires de produire plusieurs ovules, ce qui est nécessaire dans le cadre des traitements comme la FIV.
- Le Clomid induit l’ovulation en bloquant les récepteurs d’œstrogènes dans le cerveau et en augmentant la production de FSH et de LH.
- Le dosage et la durée de la stimulation varient en fonction de la patiente et selon la technique de reproduction assistée choisie (IA ou FIV).
- Les analogues de la GnRH régulent la réponse ovarienne et évitent une ovulation prématurée par la suppression temporaire de l’action de l’hypophyse.
- Les effets secondaires de ces médicaments sont en général peu importants, mais il existe un risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne.
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