18 septembre 2020

Mise au point sur l’endomètre : quels sont actuellement à IVI les tests les plus pratiqués?

endometre
Par le Comité de rédaction Blog IVI

 

Le rôle fondamental de l’endomètre dans l’accrochage dans l’implantation de l’embryon.

Une fois qu’on a étudié et obtenu un embryon qui soit le plus normal possible, il est très important de se focaliser sur l’endomètre. Dans les situations d’échec d’implantation ou des fausses couches répétées on est amené à faire des tests pour analyser les différents aspects de l’implantation dans le but de les améliorer.   

L’échographie comme examen de base peut bien donner l’idée de l’état de la cavité utérine, notamment l’échographie 3D. Il y a aussi des examens très importants et plus spécifiques comme l’hystéroscopie qui, avec une caméra, permet de visualiser l’état de la cavité et vérifier s’il y a des lésions, des cryptes d’adénomyose ou des anomalies qu’il faudra traiter.

Pourtant, dans les cas où l’on a des embryons de bonne qualité ou des blastocystes, mais il y a aussi plusieurs échecs d’implantation ou des fausses couches de répétition, il est très important de faire un bilan qui va plus loin dans l’analyse de la capacité de l’endomètre à recevoir un embryon.

Le test qu’on utilise à IVI pour déterminer le moment exact où il faut faire le transfert c’est le test ERA, qui explore la fenêtre d’implantation. Chez les mammifères et chez l’homme cette fenêtre est prédéterminée et elle va être identique chez la même personne dans la même situation.  On a trouvé que 20% des personnes qui présentent une situation de fausse couches à répétition ou d’échecs d’implantation peuvent avoir cette fenêtre déplacée d’un ou deux jours. Cette fenêtre existe grâce à l’hormone qui s’appelle progestérone ; par exemple pour un embryon de J5 (au cinquième jour de développement) la progestérone doit être donnée pendant cinq jours. Par contre on a trouvé que 20% des personnes pouvaient avoir une fenêtre qui est déplacée d’un jour ou deux jours.  

 

À quoi consiste ce test ?

Ce test, qui est une biopsie d’endomètre, est fait au cours du protocole que la patiente prend habituellement pour aller au transfert. On programme exactement le même traitement indiqué pour faire un transfert d’embryon congelé et au moment du transfert (il n’y aura pas de transfert) on fera une biopsie. La biopsie est envoyée à un laboratoire génétique qui va analyser 236 gènes et leur activité ; cela nous permet de savoir si on est dans la fenêtre d’implantation parfaite ou si elle est décalée. Dans ce cas, il faut qu’on change et personnalise le traitement pour pouvoir réaliser le transfert dans les meilleures conditions. Le test ERA a prouvé son utilité dans beaucoup de cas et peut récupérer des échecs.

Nous pouvons aussi analyser les aspects immunologiques du comportement de l’endomètre. On a découvert que sur les fameux lymphocytes qui reconnaissent notre embryon quand il arrive dans l’utérus il y a des marqueurs. Ces marqueurs peuvent donner lieu à une analyse d’un système qui s’appelle KIR ; il s’agit d’un système de fixation de l’embryon qui peut être efficace ou parfois d’un type moins efficace.   Ces récepteurs KIR heureusement se trouvent sur toutes nos cellules du corps et de l’utérus, donc une simple prise de sang chez la patiente va permettre de procéder à leur étude. Cette analyse ne se fait qu’en Espagne (on ne peut pas le faire en France actuellement), mais nous avons la possibilité d’envoyer en France le kit pour la prise de sang, de façon que l’échantillon soit après testé en Espagne dans un laboratoire d’immunologie.

Ces récepteurs KIR fonctionnent en relation avec la détermination immunologique du profil de nos gamètes (le profil du spermatozoïde et de l’ovocyte), c’est-à-dire le profile HLAC. En fonction des différents types du récepteur KIR et des différents haplotypes de ce profil immunologique HLAC, on peut se retrouver face à des situations différentes :  des situations favorisant l’implantation ou les fausses couches ou les mauvais accrochages.  Parfois ces anomalies pourraient favoriser même des dérèglements comme l’éclampsie. Dans chaque cas il y des solutions pour améliorer le système immunologique d’implantation ; dans le cas des dons d’ovocyte on peut même parfois choisir la donneuse d’ovocytes en fonction du profil immunologique et améliorer le fonctionnement de ce système en réduisant le risque des fausses couches et en favorisant l’implantation.

IVI continue à faire des recherches en génétique sur l’endomètre.  Toutes ces techniques vont permettre d’arriver au bébé quand le chemin n’est pas facile.

Dr. André Guérin, responsable du département francophone de IVI et gynécologue chez IVI Barcelone.

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