28 août 2017

Jusqu’à quel âge les couples infertiles peuvent-ils recourir à un traitement de PMA pour devenir parents ?

IVI

Tout comme les lois relatives à la procréation médicalement assistée dans les différents pays, l’âge limite pour y recourir pour les femmes n’est pas le même. Ainsi il est défini dans dix pays européens : Grèce, Estonie (50 ans), Belgique, Bulgarie, Danemark, Irlande (45 ans), Slovénie, Luxembourg (43 ans), Finlande et Pays-Bas (40 ans). Sept autres définissent l’âge d’accès à la PMA comme « l’âge naturel de la procréation » : France, Allemagne, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, République tchèque et Suède. Et dix autres pays n’ont fixé aucune limite, il s’agit de : Autriche, Chypre, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Roumanie et Slovaquie.

Actuellement, la loi est vague concernant la PMA. Elle précise seulement que les deux futurs parents « doivent être en âge de procréer ».

Nous savons que la question de l’âge ne se pose pas de manière identique chez la femme et l’homme. Si, en effet, chez l’homme il existe une diminution des capacités à procréer, il n’existe pas d’arrêt net du fonctionnement gonadique comme c’est le cas chez la femme. En théorie, un homme peut avoir recours à un traitement de PMA à 70 ou 75 ans car, contrairement à la femme il reste « en âge de procréer ». C’est la raison pour laquelle si l’âge limite pour recourir à la procréation médicalement assistée devait être fixé pour les hommes (ce que recommande vivement l’Agence de biomédecine) il serait naturellement plus élevé que celui indiqué pour la femme. La plupart des centres en France refusent les demandes après 60 ans, sauf s’il s’agit de cas très particuliers.

Pourquoi 60 ans ?

Tout d’abord il faut savoir qu’il a été établi que les taux de succès après insémination et fécondation in vitro sont moins bons lorsque le père est âgé. Il faut également prendre en compte le fait que l’âge ‘avancé’ du spermatozoïde pourrait entrainer des anomalies chez l’enfant et le futur adulte. L’âge tardif de l’un ou des deux parents peut augmenter légèrement le risque de malformations ou de fausses couches.

Un travail réalisé il y a longtemps par le CECOS (centre d’étude et de conservation des oeufs et du sperme humains) avait montré que le risque de malformations, notamment de trisomie 21, était augmenté lorsque le donneur de sperme avait plus de 45 ans. Depuis, d’autres études ont confirmé une discrète augmentation des malformations, dès 40-45 ans, mais surtout après 50 ans.

Mais ce ne sont pas les seuls obstacles qui sont pris en compte lors de la détermination de l’âge limite chez l’homme, il existe en effet des risques sociétaux : selon l’Agence de la biomédecine « il faut tenir compte non seulement des contraintes médicales, mais aussi de l’intérêt de l’enfant qui va grandir avec des parents âgés ». Une situation qui peut être mal vécue par l’adolescent. Par ailleurs, les parents âgés peuvent rencontrer des difficultés relatives à l’éducation des enfants.

Enfin, le risque que l’un des parents décède avant que l’enfant ait atteint l’âge adulte est à prendre en considération et à ne pas négliger.

Une récente enquête réalisée auprès des professionnels de l’AMP dans la région de Paris et de Lille (244 biologistes et gynécologues y ont répondu), révèle que pour 85,2% d’entre eux, un homme en âge de procréer est clairement un individu âgé de moins de 60 ans. Ils sont 84,4% à prendre en compte l’âge de l’homme dans la pratique et 24% regardent la différence d’âge entre les deux membres du couple avant d’intervenir.

Pour l’instant rien n’est encore décidé, mais cela ne devrait peut-être pas tarder. Et vous, qu’en pensez-vous ? Doit-on fixer un âge limite pour l’accès à la PMA ?

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