7 mai 2018

La procréation médicalement assistée pour les lesbiennes (et ouverture de la PMA)

58 % des Français sont favorables à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires ou aux couples de femmes homosexuelles. C’est ce que nous apprennent de récents sondages* réalisés dans l’Hexagone en parallèle de l’ouverture des états généraux de la bioéthique 2018, organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ces enquêtes révèlent en outre que « plus de 70 % des Français pensent qu’un couple homosexuel peut élever un enfant dans de bonnes conditions ». En quoi consiste la PMA ? Que dit la loi française au sujet de l’assistance médicale à la procréation (AMP) ? Quelles sont les techniques de procréation médicalement assistée proposées aux lesbiennes en couple et aux femmes célibataires ? Comment les parcours de PMA sont-ils pris en charge en Espagne ? Autant de questions primordiales à l’approche de la révision des lois de bioéthique en France, attendue au début de l’année 2019.

 

Qu’est-ce que la PMA ?

La procréation médicalement assistée (PMA) ou assistance médicale à la procréation (AMP) est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques dans le cadre desquelles la médecine intervient pour qu’une rencontre entre un ovule et un spermatozoïde ait lieu en dehors du processus naturel de fécondation, afin qu’une grossesse se déclenche en toute sécurité dans le corps de la future maman. La PMA se pose en réponse aux problèmes d’infécondité et aux risques de santé menaçant l’un des parents ou l’enfant à venir. Les techniques de procréation médicalement assistée s’avèrent également incontournables pour les lesbiennes en couple et les femmes célibataires, qui, en l’absence de relations sexuelles entre une femme en période d’ovulation et un homme, ne peuvent voir le processus de fécondation s’enclencher de façon spontanée.

 

Que dit la loi française sur la PMA ?

En France, l’assistance médicale à la procréation est encadrée par la loi n°2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique, plusieurs fois révisée. L’article 24 prévoit que la procréation médicalement assistée n’est ouverte qu’à « l’homme et la femme […] vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans ». La procédure ne peut être engagée que pour « remédier à l’infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué ou […] éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une gravité particulière ». Si aucune limite d’âge n’est clairement fixée, la Sécurité sociale ne rembourse le traitement de PMA qu’aux femmes de 43 ans et moins. Les couples dont les deux membres sont stériles ne peuvent pas prétendre à cette prise en charge médicale. En effet, le cumul d’un don de spermatozoïdes et d’un don d’ovocytes est interdit en France.

 

En quoi consiste la PMA ?

La PMA repose principalement sur l’insémination artificielle (IA), la fécondation in vitro (FIV) et le transfert d’embryons. Elle inclut aussi les techniques visant, à un moment ou à un autre de ces processus, à remédier aux problèmes d’infertilité. Il s’agit par exemple du don d’ovocytes et du don de sperme, de la préservation de la fertilité, des tests prénatals et des diagnostics génétiques.

 

Procréation médicalement assistée et lesbiennes : l’insémination artificielle

Technique de PMA la plus ancienne et la plus simple à mettre en œuvre, l’insémination artificielle (IA) consiste à déposer un échantillon de sperme dans l’utérus de la future maman. Ce procédé de procréation médicalement assistée proposé aux lesbiennes utilise le sperme d’un donneur, préalablement traité en laboratoire. Dans les centres IVI, l’insémination artificielle est engagée après un cycle de stimulation ovarienne. Ce n’est que lorsque les follicules ont atteint la quantité et la taille désirées que l’insémination artificielle est programmée. Soit environ 36 heures après l’administration d’une injection de hCG, destinée à activer la maturation ovocytaire et l’ovulation.

 

La fécondation in vitro pour les femmes célibataires et lesbiennes

Lorsque l’insémination artificielle ne peut pas s’envisager ou après plusieurs échecs, les futures mamans célibataires ou en couple lesbien sont guidées vers la fécondation in vitro (FIV). Ce traitement d’assistance médicale à la procréation consiste à mettre en contact des ovocytes et des spermatozoïdes hors de l’utérus, afin d’obtenir des embryons fécondés in vitro. Par la suite, un ou plusieurs de ces embryons sont transplantés dans l’utérus maternel. La FIV peut être accomplie grâce à un don de sperme anonyme.

 

L’injection intracytoplasmique(ICSI)

Pour maximiser les chances de grossesse, il est possible de recourir à la FIV avec ICSI (fécondation in vitro avec injection intracytoplasmique). Cette technique revient à injecter directement les spermatozoïdes dans les ovocytes. Grâce à l’incubateur « EmbryoScope time-lapse », les embryons obtenus peuvent, selon les circonstances, être observés quotidiennement et classés en fonction de leur morphologie et de leur capacité à se diviser. Indolore et rapide, ce traitement ne nécessite aucune anesthésie. Les embryons surnuméraires de bonne qualité sont cryoconservés, en vue d’une utilisation lors d’un prochain cycle.

 

La FIV PLUS (FIV + PGS)

Dans les centres IVI, nous proposons certaines techniques de procréation médicalement assistée aux lesbiennes et femmes célibataires visant à toujours plus protéger leur santé et la sécurité de leur bébé. Dont la possibilité de coupler FIV et PGS (preimplantation genetic screening ou dépistage génétique préimplantatoire). Ce protocole permet d’écarter les altérations génétiques et chromosomiques embryonnaires d’une gravité particulière. Réalisé sur les embryons obtenus par fécondation in vitro, le PGS est pratiqué avant la transplantation des embryons dans l’utérus, ce qui évite d’avoir recours au diagnostic prénatal.

 

Le diagnostic génétique préimplantatoire (DGP) et les tests prénatals

Proposé aux futures mamans célibataires ou lesbiennes présentant un risque élevé de transmission d’altérations chromosomiques ou de maladies monogéniques, le DGP (diagnostic génétique préimplantatoire) peut aussi trouver son indication en présence de fausses couches répétées, d’échec après plusieurs tentatives de FIV ou en cas de désir de grossesse tardive. Ce procédé de PMA, consistant à analyser les pré-embryons via une biopsie en laboratoire après fécondation in vitro, permet de déceler d’éventuelles anomalies génétiques et de différencier les éléments sains des autres, avant l’implantation dans l’utérus de la mère.

De leur côté, le test de compatibilité génétique TCG 547 et les tests Nace et Nace Plus permettent de détecter les trisomies ainsi qu’un grand nombre de maladies potentiellement transmissibles sur simple prise de sang, et donc sans amniocentèse.

 

La méthode ROPA : technique de procréation médicalement assistée dédiée aux lesbiennes

Technique impliquant une FIV (fécondation in vitro) proposée aux couples de femmes, la méthode ROPA se distingue des autres procédés de PMA par le fait que chacune des deux partenaires participe activement au processus de conception du bébé. Également connue sous le nom de FIV réciproque, la « réception des ovocytes de la partenaire » (ROPA) suppose une double maternité, nécessitant le don d’ovocytes de l’une et l’utilisation de l’utérus de l’autre. Cette maternité partagée peut être le fruit d’un choix personnel ou dicté par des problèmes d’ordre médical.

 

La méthode ROPA pour raisons médicales ou par choix personnel

Solution indiquée pour pallier l’absence ou l’altération des ovocytes, la méthode ROPA est également recommandée en cas d’absence ou de dysfonctionnement sévère des ovaires. Ce protocole peut par ailleurs être préconisé en présence d’altérations chromosomiques ou génétiques, ou lorsqu’un risque de transmission héréditaire d’une pathologie est avéré.

Par choix personnel, la méthode ROPA permet à chacune des deux partenaires de partager le processus de fécondation in vitro. L’une est la mère génétique du bébé, l’autre porte l’enfant et le met au monde.

 

Le déroulement de la méthode ROPA

Comparable à une FIV double don, la méthode ROPA nécessite d’un côté le sperme d’un donneur anonyme, et de l’autre, le don d’ovocytes de l’une des deux futures mamans. Deux traitements parallèles sont de ce fait prescrits à chacune des compagnes.

Bilan hormonal ayant pour but d’estimer la réserve ovarienne, sérologie destinée à écarter l’existence de maladies virales transmissibles, échographie afin d’éliminer tout danger de pathologie utérine ou ovarienne, caryotype pour dépister d’éventuelles anomalies génétiques susceptibles d’affecter l’embryon : tels sont les examens préalables auxquels se soumet la patiente « donneuse » d’ovocytes.

Sérologies, échographies puis préparation de l’endomètre par administration d’un traitement hormonal à base d’œstrogène et de progestérone résument le parcours de la patiente « receveuse ».

 

La PMA en Espagne 

En Espagne, la loi 14/2006 du 26 mai 2006 portant sur les techniques de reproduction humaine assistée, régulant l’AMP, prévoit que « toute femme de plus de 18 ans et jouissant de toutes ses capacités de jugement pourra recevoir ou avoir recours aux techniques régulées ». Cette disposition s’appliquant indépendamment de l’état civil ou de l’orientation sexuelle, la procréation médicalement assistée est accessible aux lesbiennes et aux femmes célibataires en Espagne.

Vous souhaitez obtenir un supplément d’informations sur les méthodes de procréation médicalement assistée ouvertes aux couples gays et aux femmes célibataires ? Contactez les équipes IVI au 08 00 941 042 pour trouver les réponses à vos questions. Sur internet, vous pouvez solliciter un rendez-vous pour établir le traitement personnalisé correspondant à votre situation, avec la possibilité d’obtenir l’assistance d’un tuteur francophone. 

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