28 avril 2017

PMA et bioéthique : ce qu’en pensent les responsables politiques

Depuis plusieurs années en France, la procréation médicale assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA), la recherche sur l’embryon… sont autant de sujets qui font débat. Dans le contexte politique actuel, ils sont au coeur des campagnes des candidats à la présidentielle.
Il est important de bien différencier ces acronymes, PMA ou AMP et GPA.
La PMA regroupe toutes les techniques d’aide à la procréation que ce soit in vitro (c’est-à-dire dans un tube, en dehors de l’utérus) ou par don de gamètes de donneurs anonymes. Elle est autorisée depuis très longtemps en France et en Europe pour les couples hétérosexuels, mais pas pour les femmes homosexuelles ou célibataires. La GPA, désigne, quant à elle, la grossesse qu’une femme, appelée mère porteuse mène pour une autre qui ne peut ni concevoir ni porter un enfant. Interdite en France, elle est autorisée dans certains pays comme les US, mais aussi la Belgique et le Canada et tolérée dans d’autres.

Pour y voir plus clair et observer l’évolution, nous vous proposons de faire un point sur les prises de position des candidats depuis 2012 :

En 2012, François Hollande s’était prononcé sur la question de :

1- l’ouverture de la Procréation médicalement assistée aux couples de même sexe. Une décision qui allait dans le sens de la loi permettant le mariage pour ces personnes. Signe d’une véritable évolution de la société française, jusqu’alors restée très conservatrice, et qui vient s’aligner aux côtés des 13 autres pays européens qui eux aussi autorisent le mariage ou l’union libre entre homosexuels.

Quels sont les pays qui autorisent la PMA pour les couples homosexuels en Europe ?
La PMA est autorisée pour les couples de même sexe dans sept pays européens : la Belgique, le Danemark (pour les femmes mariées uniquement), l’Espagne, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède.

2- l’anonymat des dons de gamètes (spermatozoïdes et ovules), qu’il maintenait, contrairement à certains pays européens où il est parfois perçu de manière totalement différente.
A noter qu’en France, les dons de gamètes dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation, relève des compétences de l’Agence de la biomédecine. Ce traitement de PMA est proposé aux couples en âge de procréer qui doivent recourir à une assistance médicale à la procréation, soit parce que l’un des conjoints souffre d’une infertilité diagnostiquée sur le plan médical, soit parce qu’il existe un risque de transmission d’une maladie particulièrement grave à l’enfant ou à l’un des conjoints.

Dans les autres pays européens, quid de l’anonymat du don de gamètes ?

En Espagne et au Danemark, le principe de l’anonymat des dons de gamètes a été réaffirmé en 2006.
En Italie, la question ne se pose pas, puisque le don de gamètes y est interdit.
Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont abandonné le principe de l’anonymat.
En Allemagne au contraire, une loi empêche les donneurs de rester anonymes.

3-la GPA à laquelle il continuait de s’opposer.

Quant à Nicolas Sarkozy, il avait déclaré être contre le mariage de personnes de même sexe, contre la PMA pour les couples de femmes et contre la levée de l’interdiction sur la recherche sur les cellules-souches embryonnaires.

Et aujourd’hui, où en sommes-nous ?

Les élections présidentielles touchent à leur fin, plus que 10 jours avant de connaître qui sera le nouveau Président de la République française.
Force est de constater aujourd’hui que le gouvernement actuel a reculé sur l’accès à la PMA pour tous. Malgré les prises de positions divergentes des candidats à la présidentielle, l’heure est à la prudence.
Dans la dernière course à la présidence, Emmanuel Macron prend position sur la PMA en souhaitant qu’elle devienne accessible en France à toutes les femmes, même célibataires. Une position que ne partage pas Marine Le Pen, qui s’y oppose fermement.

Pour le moment, les deux candidats qui s’affrontent se retranchent derrière l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui doit être rendu très prochainement. Mais, même si cet avis est positif, il ne s’agit que d’un avis consultatif qui n’a donc aucune force de loi.
Quant aux Français, leur position sur le sujet de la PMA est claire : un récent sondage* a révélé que 60 % d’entre eux sont favorables à l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et 54 % approuvent son autorisation aux couples de femmes homosexuelles.
* Odoxa sur «Les Européens et l’infertilité»

En ce qui concerne la GPA, tous les candidats sont unanimes à la rejeter et ne pas vouloir la reconnaître. Emmanuel Macron souhaite, quant à lui, que la filiation des enfants nés de GPA à l’étranger soit reconnue.

La vitrification ovocytaire

Au-delà de ces questions de PMA, d’autres sont encore controversées et partagent les Français, comme la vitrification des ovocytes pour convenance personnelle, appelée aussi préservation de la fertilité. Cette technique permet aux femmes de congeler leurs ovocytes afin de retarder leur maternité pour raisons personnelles ou professionnelles.
Aujourd’hui interdite en France, la vitrification des ovocytes pour raisons médicales est en revanche autorisée sur indication médicale lorsque, par exemple, une femme doit subir une chimiothérapie qui altérerait ses ovaires et risquerait donc de la rendre stérile. Ainsi, elle conservera pour plus tard, une fois guérie, la même capacité de reproduction qui existait au moment de la vitrification de ses ovocytes. (Plus d’informations sur le sujet : https://ivi-fertilite.fr/blog/tout-savoir-sur-la-vitrification-ovocytaire/)
Alors que les Allemands et les Italiens adoptent la même position que la France, les Britanniques et les Espagnols y sont quant à eux favorables. C’est pour cette raison que les Françaises sont de plus en plus nombreuses à se rendre chaque année dans nos cliniques IVI pour préserver leur fertilité. L’âge moyen de ces femmes qui font cette démarche est de 37 ans, mais l’âge idéal pour garantir le plus de succès serait inférieur à 35 ans.

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