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Grossesse extra-utérine : symptômes, risques et traitements

Grossesse extra-uterine

 

Une grossesse sur cinquante est une grossesse extra-utérine. Il s’agit d’un type de grossesse pour lequel l’implantation de l’œuf fécondé se fait en dehors de l’utérus de la femme. Dans la majeure partie des situations, l’implantation a lieu dans les trompes de Fallope (98 % des cas). Plus rarement, la nidification intervient au niveau de l’ovaire, de l’abdomen ou du col de l’utérus. Placé dans un milieu inapproprié, l’œuf fécondé est dans l’impossibilité de croître. Ce qui explique la survenue d’anomalies empêchant la grossesse d’évoluer, jusqu’à ce que l’œuf soit expulsé par le corps. Dans certains cas, une fausse couche peut se produire alors même que la femme n’a pas remarqué qu’elle est tombée enceinte. Quels sont les symptômes de la grossesse extra-utérine ? Quels sont les facteurs de risque ? Quels traitements sont mis en place lors d’une grossesse extra-utérine ?

 

Comment se déroule une grossesse en temps normal ?

Vers le 14e jour du cycle féminin se produit l’ovulation. À ce stade, un ovocyte est expulsé de l’ovaire, puis rejoint la trompe de Fallope. Il y a fécondation quand un spermatozoïde arrive jusqu’à l’ovocyte et réussit à franchir sa paroi. Ensuite, l’œuf commence à se constituer, puis se met à migrer vers l’utérus. Cette migration dure trois, voire quatre jours. Approximativement six jours après la fécondation, l’œuf a atteint la cavité utérine. Il lui faut encore quelques jours pour s’implanter définitivement. Dans plus de 99 % des cas, l’implantation embryonnaire se produit dans la cavité utérine, et plus précisément au niveau de la muqueuse utérine. L’œuf au stade de blastocyste se fixe à l’endomètre. Graduellement, le placenta fait son apparition pour protéger le futur embryon des anticorps naturels de la mère et éviter que son corps ne rejette ce qu’il perçoit comme un élément étranger.

 

Dans le cas de la grossesse extra-utérine, les choses se déroulent différemment.

 

Que se passe-t-il lors d’une grossesse extra-utérine ?

Parfois, l’implantation embryonnaire ne se produit pas comme elle le devrait. L’œuf n’atteint pas l’utérus, ce qui débouche sur une grossesse extra-utérine (GEU), ou grossesse ectopique. L’œuf peut s’implanter dans la trompe ou, plus rarement, se fixer au niveau de l’ovaire, du col de l’utérus, dans la cavité abdominale ou dans une autre partie du bassin. On est dans ces derniers cas face à une grossesse abdominale.

 

Grossesse extra-utérine : les symptômes

En cas de grossesse extra-utérine, certains symptômes peuvent se manifester, comme des pertes de sang brunes peu importantes accompagnées de douleurs au niveau du bas ventre, pouvant irradier vers l’épaule. La grossesse extra-utérine engendre des douleurs car l’œuf, qui est en train de se développer hors de l’utérus, ne dispose pas de la place suffisante ni des nutriments nécessaires à sa croissance. Il finit par se décoller, ce qui provoque une hémorragie, voire une distension de la trompe (s’il s’est implanté dans la trompe). C’est ce qu’on appelle l’hématosalpinx (présence de sang dans les trompes utérines). L’œuf, dans cette configuration, peut être vivant ou mort. Ces signes apparaissent en règle générale au bout de trois à six semaines.

 

Si une femme est confrontée à ces symptômes, il lui est conseillé de consulter un médecin dans les plus brefs délais. Lui seul pourra confirmer l’éventualité d’une grossesse extra-utérine. Pour réaliser son diagnostic, il procédera à un toucher vaginal et prescrira une échographie. Lorsqu’une suspicion de grossesse extra-utérine existe, un test de grossesse peut être demandé. En l’occurrence, il s’agit d’une prise de sang destinée à doser le taux de béta-hCG.

 

Les saignements d’implantation

Il est essentiel de savoir que les maux de ventre et les saignements en début de grossesse, ressemblant aux signes de la grossesse extra-utérine, peuvent s’expliquer par d’autres facteurs. Il ne faut notamment pas les confondre avec les saignements d’implantation.

 

En effet, 30 à 40 % des femmes connaissent un épisode de pertes de sang provoquées par l’implantation de l’embryon dans leur utérus. Il se produit habituellement durant les premières semaines de grossesse. Lorsque l’embryon se fixe à la paroi interne de l’utérus (particulièrement irriguée en cette circonstance), il est possible que de petites veines et artères reliées à l’endomètre se rompent, déclenchant des saignements. Ces pertes, qui durent un, deux ou trois jours, n’ont aucun lien avec une fausse couche et ne doivent pas être confondues avec les symptômes de la grossesse extra-utérine.

 

Une fois encore, la meilleure démarche à adopter est de consulter un médecin, ne serait-ce que pour éviter le stress occasionné par cette situation.

 

Grossesse extra-utérine : les causes

La cause d’une grossesse extra-utérine peut prendre la forme de différents facteurs :

  • une anomalie des trompes de Fallope (congénitale ou séquelle) avec obstruction de la trompe empêchant le passage de l’ovule, qui ne peut pas migrer vers l’utérus ;
  • des antécédents de maladies sexuellement transmissibles (dont la chlamydia) ;
  • l’endométriose ;
  • la ligature des trompes ;
  • une exposition in utero au distilbène de la mère ;
  • des adhérences ou cicatrices après une chirurgie pelvienne ;
  • le tabagisme ;
  • des séquelles d’avortements antérieurs ;
  • l’âge tardif de la femme (plus de 40 ans).

 

Dans la moitié des cas, l’obstruction de la trompe de Fallope est provoquée par une maladie de la cavité pelvienne connue sous le nom de salpingite. Caractérisée par une inflammation des trompes de Fallope, cette affection peut entraîner des problèmes de stérilité.

 

Impliquées dans la majeure partie des maladies inflammatoires pelviennes (salpingites), les chlamydies sont des bactéries sexuellement transmissibles qui peuvent engendrer une inflammation silencieuse.

 

Grossesse extra-utérine : les risques

Face à une grossesse extra-utérine, le risque le plus préoccupant est l’éclatement de la trompe entraînant une hémorragie massive, dite « cataclysmique », engageant potentiellement le pronostic vital de la patiente.

 

À noter qu’une grossesse extra-utérine sans saignements ou avec très peu de saignements est possible. Elle peut s’accompagner de douleurs sourdes et être confondue avec un retard de règles.

 

Grossesse extra-utérine : les traitements

En cas de grossesse extra-utérine, le traitement doit intervenir le plus rapidement possible. En effet, qu’elle régresse spontanément ou qu’elle nécessite une intervention médicale, la grossesse extra-utérine est considérée comme une urgence à traiter en milieu hospitalier. Plusieurs protocoles consistant à interrompre la grossesse et à éliminer l’œuf coexistent. Face à une grossesse extra-utérine « peu active », un traitement médicamenteux ou chirurgical conservateur est conseillé. En présence d’une grossesse extra-utérine « active », un traitement chirurgical conservateur ou radical est mis en place.

 

Traitement chirurgical

Le plus souvent, l’intervention a lieu par cœlioscopie.

À cette occasion, le spécialiste tente tout ce qui est en son pouvoir pour préserver la trompe sur laquelle il intervient. Nous sommes ici dans une situation de traitement chirurgical dit « conservateur », c’est-à-dire que la trompe est conservée, après incision et aspiration de l’œuf et du sang.

 

Dans la majorité des cas, il est possible de garder la trompe intacte. Cependant, il peut advenir qu’elle soit abîmée au point qu’une salpingectomie soit envisagée (ablation chirurgicale d’une trompe utérine). On parle alors de traitement chirurgical « radical », c’est-à-dire que la trompe est retirée en même temps que l’œuf.

 

Traitement médicamenteux

L’autre traitement en cas de grossesse extra-utérine est l’administration par injection de méthotrexate, soit par voie intramusculaire, soit directement dans l’œuf. Ce procédé a pour but de provoquer la nécrose de l’œuf et de mettre fin à la grossesse extra-utérine sans toucher à la trompe.

L’évolution du traitement est étroitement surveillée par échographie pour s’assurer de l’éviction de l’œuf et de la réponse positive de l’organisme de la patiente.

 

Les conséquences d’une grossesse extra-utérine

En préambule, il est bon de souligner que, grâce aux progrès de la médecine et des traitements préalablement décrits, la grande majorité des grossesses extra-utérines sont éliminées sans mettre en danger la vie de la patiente. La question qui subsiste est donc : la fertilité de la femme est-elle préservée ?

 

Des éléments de réponse sont donnés par une enquête de l’Inserm publiée en 2013. Le taux de grossesse intra-utérine deux ans après l’intervention est de :

  • 67 % après un traitement médical par méthotrexate ;
  • 71 % après une chirurgie conservatrice ;
  • 64 % après un traitement chirurgical radical.

 

Suite à l’ablation des deux trompes (en cas de récidive), une grossesse naturelle n’est plus envisageable. En revanche, un traitement de procréation médicalement assistée (PMA) (fécondation in vitro avec ou sans ICSI) peut être mis en œuvre.

 

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