8 janvier 2020

Pseudocyesis: qu’est-ce qu’une fausse grossesse, ou grossesse fantôme ?

Pseudocyesis

La grossesse fantôme, ou pseudocyesis, est une affection psychosomatique atypique touchant 6 femmes sur 22 000 consultant pour une grossesse. Aussi connu sous le nom de fausse grossesse ou grossesse nerveuse, ce trouble somatoforme présente, malgré l’absence de fœtus, tous les symptômes de la grossesse : aménorrhée, gros ventre, seins tendus, nausées, prise de poids et même mouvements du bébé à naître… Au niveau du bilan hormonal, il n’est pas rare de constater des taux élevés de prolactine et de LH (hormone lutéinisante). Pseudocyesis: symptômes, causes et prise en charge ; on fait la lumière sur un trouble rare et énigmatique.

Pseudocyesis: un terme moderne pour un symptôme très ancien

Créé en 1923 par le médecin britannique, John Mason Good, le terme scientifique « pseudocyesis » s’inspire de l’ancien grec : pseudes (faux) et kúesis (conception). Si le terme est récent, l’affection semble exister depuis la nuit des temps. Dans l’Antiquité, Hippocrate, le père de la médecine moderne, décrit une douzaine de cas dans ses ouvrages. Dans le vocabulaire courant, on utilise plus volontiers les termes de grossesse nerveuse ou de fausse grossesse, voire de grossesse fantôme (désignation anglo-saxonne). Le phénomène de pseudocyesis présente tous les signes cliniques d’une grossesse malgré l’absence de fœtus. Il ne doit pas être confondu avec le diagnostic de l’œuf clair aboutissant à une fausse couche spontanée, ni même comparé au syndrome de la couvade ressenti par certains hommes lors de la grossesse de leur compagne.

Pseudocyesis: les facteurs psychologiques de la grossesse fantôme

Selon la codification du DSM-IV (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux publié par l’association américaine de psychiatrie), le pseudocyesis est classé dans les troubles somatoformes au même titre que :

  • la somatisation (symptômes physiques induits inconsciemment et involontairement par des phénomènes mentaux) ;
  • la conversion (symptômes ou déficits neurologiques provoqués par des facteurs psychologiques) ;
  • le trouble douloureux (douleurs psychosomatiques) ;
  • l’hypocondrie (anxiété excessive concernant sa santé) ;
  • la dysmorphophobie (crainte obsédante d’une dysmorphie).

Le pseudocyesis est, dans la plupart des cas, lié à un deuil, un traumatisme psychologique ou un état dépressif : grossesse extra-utérine, perte d’un proche, fausses couches répétées, interruption volontaire de grossesse, peur d’être enceinte ou de perdre sa capacité à concevoir un enfant…

 

Les causes physiques constatées lors d’une fausse grossesse

Les causes physiques potentiellement impliquées dans les symptômes de la fausse grossesse ou grossesse nerveuse sont :

  • certaines tumeurs pelviennes ou abdominales ;
  • les symptômes de la ménopause ou de la ménopause précoce ;
  • les adénomes hypophysaires sécrétant de la prolactine (galactorrhée ou écoulement de lait par la glande mammaire hors allaitement) ;
  • des niveaux élevés de bêta-HCG (hormone chorionique gonadotrope) résultant de certaines tumeurs.

 

Pseudocyesis: symptômes et tableau clinique

Les symptômes qui caractérisent le pseudocyesis sont :

  • l’aménorrhée (absence de règles) ou hypoménorrhée (écoulement menstruel très faible) ;
  • les nausées et les vomissements ;
  • les fringales et les envies de nourriture ;
  • la prise de poids ;
  • la fatigue ;
  • l’augmentation du volume abdominal (sans inversion de l’ombilic) avec position de lordose ;
  • l’augmentation du volume des seins avec pigmentation de l’aréole et sécrétion de lait ;
  • la hausse des niveaux d’hormones (taux élevés de gonadotrophine) ;
  • la sensation de mouvements fœtaux ;
  • les douleurs de l’accouchement.

Les symptômes peuvent persister quelques semaines, neuf mois complets, voire des années.

Diagnostic et prise en charge du Pseudocyesis

La grossesse fantôme touche habituellement de 1 à 6 femmes sur 22 000 consultant pour une grossesse ou un accouchement. Elle concerne généralement :

  • les jeunes femmes (entre 20 et 39 ans) ressentant un désir marqué d’enfant ou, au contraire, redoutant de manière phobique l’éventualité d’une grossesse ;
  • les femmes plus âgées souhaitant ardemment tomber enceintes alors que l’horloge biologique joue en leur défaveur ;
  • les femmes confrontées à des problèmes d’infertilité ou approchant de la ménopause.

Grâce aux moyens modernes de diagnostic, il est aisé de conclure à une grossesse nerveuse. Le test de grossesse et l’échographie pelvienne font partie des méthodes les plus simples à mettre en œuvre.

La prise en charge du pseudocyesis fait appel à la psychothérapie. Le traitement vise à convaincre la patiente qu’elle n’est pas enceinte tout en évitant de provoquer une détresse émotionnelle supplémentaire. Durant la thérapie personnelle ou familiale, selon la situation, les motifs et les conflits internes qui ont provoqué la grossesse nerveuse sont décortiqués afin que la patiente reprenne possession de son corps. Le soutien des proches et des amis peut se révéler décisif pour favoriser la rémission et écarter les risques de rechute. La prise en charge du pseudocyesis peut donc aller des thérapies cognitivo-comportementales aux traitements médicamenteux comme les antidépresseurs.

 

Le syndrome de la couvade : la forme masculine du pseudocyesis ?

Autre trouble psychosomatique proche des symptômes du Pseudocyesis, le syndrome de la couvade touche certains hommes durant la grossesse de leur compagne et se caractérise par :

  • des nausées et les vomissements ;
  • des fringales et des envies de nourriture ;
  • une prise de poids importante ;
  • des sautes d’humeur et une irritabilité inhabituelle ;
  • une fatigue marquée ;
  • des maux de ventre et de dos ;
  • un taux élevé de prolactine ;
  • un risque de dépression post-partum.

La grossesse sympathique, ou grossesse nerveuse de l’homme, peut apparaître durant le premier et le troisième trimestre de grossesse de la patiente. Les symptômes s’atténuent et disparaissent après l’accouchement. Aucun traitement n’est prescrit aux hommes présentant des signes de « couvade ».

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