7 février 2018

Puis-je tomber enceinte après avoir surmonté un cancer ?

Les progrès de la science permettent aujourd’hui de surmonter de nombreuses formes de cancer. Cependant, les traitements oncologiques, tels que la chimiothérapie et la radiothérapie, s’ils peuvent soigner la maladie, font peser de lourds risques d’effets secondaires sur certains organes du corps, comme les ovaires. Par chance, la procréation médicalement assistée (PMA) offre de nos jours la possibilité de prévenir la toxicité de ces traitements et de préserver la fertilité des patientes et des patients, surtout lorsqu’ils sont jeunes. Comment le cancer affecte-t-il la fonction ovarienne ? En quoi les techniques de procréation assistée peuvent-elles contribuer à la préservation de la fertilité ? Quelles méthodes de procréation médicalement assistée rendent envisageable une grossesse après un traitement par chimiothérapie ou par radiothérapie ?

Quelles sont les conséquences des traitements contre le cancer sur la fertilité ?

À la naissance, les petites filles viennent au monde avec un capital d’environ 700 000 ovocytes immatures. Ce stock s’amenuise au fil du temps, jusqu’à la ménopause. Lors d’un traitement par radiothérapie ou par chimiothérapie, la couche ovarienne est endommagée. Ce processus entraîne la réduction du nombre de follicules, jusqu’à l’arrêt prématuré du fonctionnement ovarien. Selon l’âge de la patiente, le type de cancer et le protocole de soin mis en œuvre, une petite quantité de follicules primordiaux peut survivre. Certains d’entre eux peuvent même avoir conservé leur capacité de reproduction. Mais après un traitement anticancéreux, même en cas de réactivation de la fonction ovarienne, il est malheureusement fort probable que les ovocytes aient perdu la majeure partie de leurs qualités. Cet amoindrissement de la fertilité se traduit par un risque accru de fausses couches, de retards de croissance intra-utérine et d’accouchements prématurés.

Que propose la PMA face à l’infertilité conséquente au traitement d’un cancer ?

Dans un premier temps, la procréation médicalement assistée intervient en amont de la prise en charge du cancer, grâce à plusieurs techniques de préservation de la fertilité. Ces méthodes englobent la vitrification des ovocytes et la transposition des ovaires. Dans un deuxième temps, la procréation assistée vient en aide au projet de parentalité avec des procédés bien rodés, comme la fécondation in vitro (FIV), la FIV PLUS (FIV + PGS), le diagnostic génétique préimplantatoire (DGP) et des outils de pointe, comme l’incubateur « EmbryoScope ».

La vitrification des ovocytes pour anticiper l’avenir

Lorsque la date envisagée pour le début du traitement du cancer laisse le temps de prendre ses précautions, l’équipe médicale conseille généralement d’avoir recours à la vitrification des ovocytes. Après stimulation ovarienne, les ovocytes sont ponctionnés, amenés à maturité, puis cryopréservés pour pouvoir être utilisés lorsque la patiente le décidera. La vitrification ovocytaire est réalisée par cryoconservation –  ce qui implique l’immersion des ovocytes matures résultant de la stimulation ovarienne dans l’azote liquide, à une température de -196 ° C. Cette méthode d’autoconservation des ovocytes assure un taux de survie des ovules très élevé grâce au procédé de congélation performant évitant la formation de cristaux de glace. De cette manière, les ovocytes conserveront toute leur  qualité et pourront être utilisés, dès la guérison de la patiente. Couramment employée en Espagne depuis 2007, cette technique de vitrification des ovocytes a largement fait ses preuves. Interdite de l’autre côté de la frontière jusqu’en 2011, la vitrification des ovocytes est désormais autorisée en France mais ne s’adresse qu’aux couples hétérosexuels en âge de procréer, faisant face à des problèmes de stérilité.

La transposition des ovaires pour éloigner les gonades du champ d’irradiation

Pour éviter une exposition directe à la radiothérapie, la méthode appelée « oophoropexy », ou transposition ovarienne, consiste à éloigner les ovaires du champ d’irradiation en les fixant dans la partie supérieure des gouttières paracoliques ou derrière l’utérus. Les ovaires déplacés continuent de fonctionner, il demeure donc possible de prélever les ovocytes de la patiente et ainsi d’obtenir une grossesse après la radiothérapie, grâce à un traitement de fécondation in vitro. Selon que l’intervention a été réalisée par laparotomie ou par laparoscopie, on peut espérer une préservation de la fonction ovarienne dans 83 à 88 % des cas.

Les techniques de fécondation pour tomber enceinte après un cancer

Lorsque les ovocytes ont été cryopréservés et que le moment propice se présente, la patiente peut reprendre possession de ses cellules reproductrices afin d’enclencher un cycle de fécondation in vitro. Au cours du protocole, les ovocytes sont fécondés en laboratoire. Le but étant d’obtenir des embryons, qui sont ensuite transférés dans l’utérus maternel. Sur demande de la future maman, les embryons peuvent être observés quotidiennement et classés selon leur morphologie et leur capacité à se diviser grâce à l’incubateur EmbryoScope. Des premières heures de développement jusqu’à maturité, cet outil innovant permet une prise de photos continue de l’embryon et une surveillance en temps réel de la division cellulaire. Bien qu’effectué au bloc opératoire, le transfert d’embryons est rapide et indolore. Cette intervention médicale ne nécessite donc pas d’anesthésie et permet le retour à une vie normale sans délai particulier de convalescence.

Une FIV PLUS (FIV + PGS) pour maximiser les chances de grossesse

Accroître le taux de réussite de grossesse en éloignant les risques de fausses couches et en écartant les possibilités d’anomalies chromosomiques, tel est l’objectif de la FIV PLUS (FIV + PGS). Conjuguant la fécondation in vitro et la technique du PGS (preimplantation genetic screening, pour « criblage génétique préimplantatoire »), le protocole est en tout point similaire à celui de la FIV traditionnelle, jusqu’à l’étape de la fécondation. À cet instant, les embryons sont conservés en laboratoire jusqu’au cinquième ou sixième jour de développement. Quand ils atteignent le stade de blastocystes, ils sont classés en fonction de leur morphologie et de leur capacité à se diviser. Analysés après biopsie puis congelés, les meilleurs d’entre eux sont transférés dans l’utérus de la future maman. Les embryons surnuméraires en bonne santé sont vitrifiés (plongés dans l’azote liquide, à une température de -196 ° C), en attendant le cas échéant d’être utilisés lors d’un prochain cycle, sans avoir recours à une nouvelle stimulation ovarienne.

 

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