30 juin 2017

Oui à la PMA pour toutes, mais à quelles conditions ?

IVI

La France est à la traîne depuis de nombreuses années dans le domaine de la procréation médicale assistée, c’est un fait ! Mais , elle va bientôt faire un pas en avant suite à l’avis favorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) avec don de sperme pour les couples de femmes homosexuelles ou les femmes célibataires.

De nombreuses associations réclament de longue date la promulgation d’une loi sur ces pratiques, un peu dans la continuité de la législation encadrant le mariage homosexuel (mai 2013), ainsi que celle relative à l’ouverture des droits à l’adoption aux couples de même sexe.

Pour rappel : jusqu’à présent, en France, la PMA n’était accessible qu’aux couples hétérosexuels mariés, pacsés ou en concubinage, uniquement si l’un des membres est infertile ou porteur d’une maladie grave et transmissible au conjoint ou à l’enfant.

Même s’il s’agit d’une avancée, il faut la tempérer car le CCNE a dit « oui » à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et les femmes célibataires, mais non à la cryoconservation des ovocytes.

Malgré l’avis favorable de l’Académie de médecine quant à la possibilité pour toutes les femmes de préserver leur fertilité en prélevant leurs ovocytes et en les congelant pour procréer plus tard, le CCNE s’est déclaré « contre ».

Selon eux, ce n’est pas « une solution magique pour faire face au décalage de l’âge de la grossesse et ça ne garantit pas une maternité ».

Pour l’instant l’autoconservation d’ovocytes est autorisée en France dans les cas suivants :

–   En cas de PMA (par le biais d’une fécondation in vitro) ;

– En cas de traitement médical et de pathologies susceptibles d’altérer la fertilité, (notamment une chimiothérapie ou une endométriose sévère) ;

–   En cas de don d’ovocytes.

Outre la recommandation de l’Académie de médecine, un manifeste publié dans une tribune du journal Le Monde par un collectif regroupant 130 médecins, conduit par le Professeur Frydman, considère non fondée l’interdiction de l’autoconservation d’ovocytes.

Mais cela n’a pas suffit pour convaincre le CCNE qui a rappelé « qu’il est du devoir de la société de favoriser les grossesses jeunes sans prise de risque inutile. » Selon lui, il faut davantage s’informer sur les cycles de fécondité et améliorer l’accompagnement des jeunes parents.

Quel est l’avis de nos spécialistes sur ce changement ?

 Cécile Gallo, gynécologue, endocrinologue et spécialiste de l’infertilité à IVI Barcelone :
« C’est une excellente nouvelle pour les patientes. C’est autorisé dans la plupart des pays et cela ne pose aucun problème. Alors, pourquoi pas en France ? Maintenant, il faut voir quelles seront les conditions d’accès si l’avis est suivi. Y aura-t-il une différence de prise en charge, par exemple ? Je note que le CCNE est parti du point de vue de l’enfant, il s’est interrogé sur l’impact de l’absence du père, ce qui est très important. Une étude prouve d’ailleurs qu’un enfant n’est pas plus malheureux ou heureux que les autres lorsqu’il est né grâce à ce procédé. Les retours que nous avons montrent que tout se passe bien dans ces familles. Ce sont des gens comme les autres.

Selon elle : « Oui, les choses bougent, mais la France reste assez fermée sur les enjeux sociétaux. En 2017, cela pose question… Ça étonne d’ailleurs beaucoup les Espagnols, qui ont l’image d’un pays libertaire. Ici, par exemple, le mariage pour tous a été adopté en 2005, sans manifestation. En France, ça s’est fait, mais dans la douleur. »

A cela, Dr André Guérin, gynécologue à IVI Barcelone ajoute : « A l’Institut où je travaille, cela fait un moment que nous sommes convaincus par la nécessité d’étendre cette technique (l’autoconservation d’ovoctytes) au plus grand nombre de femmes. L’autoconservation des ovocytes est un progrès scientifique qui répond à un besoin sociétal. »

Il ne faut tout de même pas oublier que l’avis de CCNE est seulement consultatif, mais il était très attendu par Emmanuel Macron qui, lors de sa campagne présidentielle, s’était déclaré « favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et femmes célibataires » et il avait ajouté « j’attendrai que le Comité national d’éthique ait rendu son avis pour pouvoir construire un consensus le plus large possible ».
Voilà c’est chose faite ! L’affaire reste à suivre… de près !

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